Nations unies au Mali : bilan mitigé

Les Maliens estiment que c’est « une grosse déception » et manifestent dans la rue.

Lorsqu’en avril 2013, par la résolution 2100 du Conseil de sécurité, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma) est créée, sa feuille de route était claire : contribuer au rétablissement de l’autorité de l’État dans tout le pays, protéger les civils, promouvoir et défendre les droits de l’Homme, soutenir l’action humanitaire, agir en faveur de la justice, etc. Huit ans après, la méfiance s’est installée au sein des populations qui regardent la Minusma du mauvais œil. La désaffection s’est transformée en exacerbation traduite par des manifestations dans la rue. A Bamako, les manifestants réclament le départ des Casques bleus. La Minusma est accusée de ne pas avoir fait grand chose pour protéger la population des attaques menées par des groupes affiliés à l’État islamique. Et « c’est une grosse déception », soutient la foule.
En effet, en sept ans, 154 Casques bleus ont été tués lors d’attaques, selon le Département des opérations de maintien de la paix (DPKO). Et la majorité des victimes sont africaines, au sein d’une mission où le gros des troupes est formé de soldats envoyés par les pays du continent. Les Tchadiens, dont les bataillons d’infanterie sont localisés à Aguelhok, Kidal et Tessalit, dans l’une des zones les plus dangereuses, paient le plus lourd tribut : 60 d’entre eux ont été tués sous Casque bleu. Lorsqu’un soldat occidental tombe sous les balles des djihadistes, l’écho médiatique et politique est presque immédiat. En revanche, la macabre litanie du décompte des soldats africains tués au combat sur le terrain malien déclenche rarement un réel émoi. 
Des critiques se font aussi de plus en plus virulentes sur la situation qui s’est dégradée avec des co...

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