Financement de l’industrialisation de l’Afrique : la plus-value d’une solution locale

Les économies africaines dépendent essentiellement des exportations vers les pays développés de leurs nombreuses ressources naturelles et produits agricoles sous la forme brute. Cette dépendance expose entre autres le continent aux chocs de la demande extérieure. Conséquence : malgré des chiffres relativement bons de la croissance lorsque la conjoncture est favorable, des millions d’Africains sont toujours pris au piège de la pauvreté. Pour y mettre un terme, il faut industrialiser nos économies, en transformant localement nos matières premières en produits finis à haute valeur ajoutée. Cette diversification va créer en Afrique des richesses, des millions d’emplois et sortir de la pauvreté la majorité de la population.      
L’émergence économique de l’Afrique passe cependant par la levée des principales difficultés qui entravent son développement industriel. Parmi celles qui doivent être résolues, quel que soit le type de politique industrielle à mette en œuvre, il y a le problème de l’accès au financement au niveau des secteurs public et privé. Car les pays africains doivent mobiliser des ressources suffisantes pour financer les investissements publics cruciaux pour le développement industriel, notamment les investissements dans les infrastructures physiques (énergie, voies et moyens de communications et de télécommunications), les infrastructures sociales (éducation, acquisition des compétences techniques et managériales) et la technologie. Selon le FMI, les besoins de financement de l’Afrique s'élèveraient à environ 1 200 milliards de dollars ente 2020 et 2023. On comprend donc tout l’enjeu de la table ronde à laquelle a participé lundi dernier le chef de l’Etat Paul Biya, en marge du deuxième sommet Etats-Unis- Afrique. Il était question de réfléchir sur « Comment la finance peut constituer un atout à l’égard des défis pressants et des opportunités de l’Afrique et contribuer à la résolution de problèmes apparemment sans solution à l’échelle mondiale ». Prenant la parole à cette occasion, le président de la République a relevé pour le déplorer le fait que « l’Afrique ne représente qu’une portion congrue des ressources financières en circulation dans le monde ». Il a ensuite passé en revue les obstacles auxquels le continent est confronté dans sa quête de ressources financières avant de décrypter les insuffisances et les pièges des offres existantes. En fin connaisseur des arcanes de la finance internationale, Paul Biya a attiré l’attention sur les taux d’intérêt prohibitifs appliqués aux pays africains ; les conditions posées par les prêteurs qui restreignent la souveraineté des Etats ; la forte dépendance de l’Afrique à l’aide publique au développement qui a montré ses limites ; le cadre juridique contraignant qui gouvern...

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