Lions : ces héros qui nous parlent

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Au-delà de la solennité et de la portée symbolique de la  cérémonie d’hommage davant-hier au palais de l’Unité, le parcours et le sacre de l’équipe nationale à la CAN 2017 nous parlent. Leur prestation exemplaire et leur triomphe final viennent renforcer une certitude : en plus d’être une association sportive, les Lions indomptables sont devenus, au fil des ans, une espèce de  label totémique qui incarne, mieux que tout, les valeurs essentielles qui fondent notre vivre-ensemble. Par son identité, sa manière d’être et sa prestance, la sélection nationale se pose ainsi comme un condensé de tout ce qui représente notre diversité socio-culturelle, le sentiment d’appartenance à une même nation, indépendamment des particularismes dont il faut savoir évidemment tenir compte. Ce sont ces aspects essentiels que le chef de l’Etat a voulu mettre en exergue en déroulant le tapis rouge aux nouveaux champions d’Afrique. Entre Paul Biya et les Lions, c’est, en effet, une vieille histoire d’amour. Dès 1984, une nouvelle équipe née des cendres de la débâcle de la CAN de 1972 s’est mise en place, animée d’un nouvel état d’esprit conquérant. En étant le symbole vivant d’un Cameroun qui gagne, le nouveau porte-drapeau national tournait ainsi le dos à la fatalité et au découragement pour écrire une nouvelle page de son histoire. Depuis lors, de nombreux lauriers sportifs ont été engrangés aux quatre coins de la planète.
De retour de leur chasse victorieuse, les fiers gladiateurs ont bénéficié chaque fois  de la reconnaissance de la Nation. Avec, au premier rang, le président Paul Biya et son épouse qui n’ont jamais dérogé à leur  statut de premiers supporters des Lions. Après celles de 1984, 1988, 1990, 2000 et 2002, la réception offerte aux vainqueurs de la CAN 2017 constitue un moment exceptionnel de joie et de partage, un jalon supplémentaire dans une haie d’honneur déjà passablement longue. Par ailleurs, l’hommage rendu aux Lions, avec toute la  considération due à leur rang, vient renforcer l’osmose entre le président, la Nation et ceux-là  mêmes qui défendent sans compter les couleurs du Cameroun, sur tous les théâtres sportifs, au même titre que l’armée nationale sur le front de la lutte contre le terrorisme. A une époque pas trop lointaine, l’équipe nationale a beaucoup souffert des dérives d’un égocentrisme exacerbé, chaque joueur roulant d’abord pour sa chapelle et ses fans, au détriment de l’intérêt général. Dans sa configuration actuelle et l’état d’esprit qui s’en dégage, les Lions indomptables constituent à la fois le reflet de notre unité ontologique et de notre vécu commun. La fierté d’être Camerounais n’amoindrit en rien les atouts liés à la diversité sociologique ou au multiculturalisme. L’histoire retiendra qu’à la CAN 2017, des Lions « ordinaires » sont devenus des héros légendaires en jouant, en attaquant, en défendant et en gagnant ensemble, indépendamment de leurs origines ethniques, de leur appartenance géographique, de leurs croyances religieuses, de leur extraction linguistique ou de leurs convictions politiques. Sur le terrain, tous les efforts déployés convergeaient vers un seul but : la victoire finale. C’est dans cette perspective que tous les talents ont fusionné pour se mettre au service du collectif. Le parcours exemplaire et le sacre des Lions interpellent donc chacun de nous. Parce qu’ils ont fait preuve d’abnégation, de courage, de ténacité de solidarité et d’une force mentale exceptionnelle, les quintuples champions d’Afrique administrent une leçon mémorable sur la vacuité de nos égocentrismes, de nos replis identitaires, et de nos  surenchères. Il est pourtant évident qu’aucune bataille ne peut se gagner en rangs dispersés.

 

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