Parlement panafricain : une force en quête de légitimité

L’institution qui incarne le 3e pouvoir de l’Union africaine cherche toujours ses marques, 20 ans après sa création.

Juin 2021. Lors du renouvellement du bureau du parlement panafricain (PAP), des députés n’arrivent pas à s’entendre autour du débat sur la rotation par région de la présidence de l’institution. Ils franchissent alors la ligne rouge du Rubicon. L’auguste hémicycle, lieu du débat entre des élus du peuple, personnalités respectées et supposées respectables, se transforme en ring de boxe. La scène est retransmise en directe par les chaînes de télévision. On voit dans le monde entier, des députés se rouer de coups poing. L’ignoble spectacle suscite indignations, interrogations, dépit ! C’est la honte pour le PAP, l’une des institutions puissantes de l’Union africaine (UA). Le PAP est prétendu détenir le pouvoir législatif.
Les ignominieuses images attirent l’attention sur une Chambre qui aurait pu être un des bras forts de l’UA, mais qui, depuis 19 ans, reste, hélas, un pouvoir sans contenu, une institution que d’aucuns qualifient de « budgétivore », qui se contente du rôle consultatif. Des informations crédibles renseignent que cet organe coûte à l’UA environ 15 millions de dollars américains par an (environ10,5 milliards de Fcfa), sans compter les dépenses assumées par l’Afrique du Sud qui abrite le siège situé au centre de convention Gallagher Estate à Midrand.
Les faits d’arme du Parlement panafricain sont encore très loin des attentes. Si le statut de député panafricain est prisé et les postes du bureau convoités, les membres de cette institution ne sont pas moins frustrés. Leurs tâches se réduisent au minimum : surveillance des élections présidentielles, production des lois types que les pays membres ne sont pas tenus de respecter. D’ailleurs, des sources crédibles renseignent que pendant 15 ans, le parlement panafricain n’a produit aucune loi, transformant l’institution en une Chambre dorée qui sert plus à donner de l’influence et du prestige à ses membres qu’à exercer effectivement le troisième pouvoir. Un pouvoir qui pourrait, espérons-le, être restauré par le protocole de Malabo. 
En 2014, en effet, la Conférence de l’UA adopte le Protocole de Malabo, qui doit restaurer le  PAP dans son rôle. Mais, seuls 12 Etats sur un minimum de 28 ont ratifié le document,...

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