Mali: recrudescence de la violence

Plusieurs incidents mortels ont eu lieu, ces derniers jours, alors que le processus de paix vient d’être relancé.

Dimanche dernier, des affrontements intercommunautaires ont fait une dizaine de morts dimanche à Macina, au centre du Mali. D’après des habitants de cette localité, les incidents ont opposé des éleveurs peuhl et des agriculteurs Bambara. Les incidents entre ces deux communautés sont fréquents. Mais la situation s’est aggravée depuis l’insurrection au Nord du Mali. Les Bambara, principale ethnie du pays, en majorité agriculteurs soupçonnent les Peuhl de collusion avec les jihadistes. Et la présence dans la région depuis 2015 d'un mouvement armé fondé par le prédicateur radical peuhl Amadou Koufa, allié au groupe jihadiste Ansar Dine du chef touareg Iyad Ag Ghaly n’a pas arrangé les choses. L’incident du week-end dernier rappelle la précarité de la paix au Mali. Du reste en mai dernier, une trentaine de personnes avait trouvé la mort à Nampala dans la même zone.
Au demeurant, les activités du prédicateur radical Amadou Koufa dans le Centre du pays sont une source d’inquiétudes pour les autorités gouvernementales et les populations. C’est ainsi que le week-end dernier une personne a été tuée et une vingtaine de suspects a été arrêtée à Dialloubé dans le Centre lors d'une opération contre des jihadistes. Lors de cette intervention de l’armée, des mosquées ont été fouillées, des armes découvertes, ainsi que des motos avec lesquelles les terroristes opéraient. Selon le chef d’état-major de la force militaire de la Mission de l’Onu au Mali (Minusma), le général Daniel Ménaouine, il faudrait que le contingent de la Minusma soit « plus présent dans le Centre du pays » pour limiter l’action des groupes armés de même que les querelles entre communautés.
Dans cet ordre d’idées, malgré les derniers incidents mortels au Centre et au Nord (le 18 janvier, un attentat-suicide a fait 80 morts à Gao) du pays, l'accord de paix a été relancé. Vendredi dernier, en accord avec le gouvernement, les ex-rebelles et les facilitateurs dans la crise malienne, un nouveau calendrier prévoyant la mise en place avant la fin février des « patrouilles mixtes » et de l'installation des autorités intérimaires dans le Nord a été rendu public. Par ailleurs, à Kidal (Nord-Est), toujours contrôlée par les ex-rebelles, le retour de l’administration d’Etat et l'installation des autorités intérimaires et des patrouilles mixtes seront effectifs à partir du 28 février prochain.

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