« La thérapie, c’est le respect de la loi »

Emmanuel Mariel Djikdent, préfet du Mfoundi.

Monsieur le préfet, vous avez présidé mercredi dernier une réunion du Comité de discipline et du bon ordre urbain. A l'issue de cette rencontre avec les syndicats des conducteurs de motos, de tenanciers de débits de boisson, vendeurs à la sauvette, ...vous leur avez donné un dernier avertissement avant de passer aux sanctions. Qu'est-ce qui motive cette détermination ?
J’ai mis sur pied un Comité de discipline et du bon ordre urbain qui a en son sein les huit collectivités territoriales décentralisées du département du Mfoundi, à savoir la Communauté urbaine et les sept communes d’arrondissement. En sont également membres, les responsables des syndicats ou présidents d'association de divers secteurs d'activités (transporteurs urbains en véhicules et motocycles, vendeurs à la sauvette, « bayam-sellam », tenanciers de débits de boissons…). Sans aller contre qui que ce soit, nous voulons que chaque activité s'exerce suivant les règles de l’art. De tout ce qui a été énoncé, nous recevons des plaintes et constatons des dérives qui mettent en péril l'ordre public et portent gravement atteinte à la liberté des uns et des autres. Exemples : la fermeture tardive des débits de boissons accompagnée de nuisances sonores, le non-respect par les motos taxis des zones interdites, la violation des feux de signalisation, la circulation à contre-sens, l'implication de certains dans des actes répréhensibles, la création de marches spontanés, l'occupation anarchique des espaces publics par les sauveteurs. Tout ceci ne donne pas fière allure à notre capitale. Il fallait impérativement convoquer cette réunion dont la fréquence sera trimestrielle en principe. Chacun pouvait constater que le désordre urbain empruntait déjà dans l'indiscipline et l'incivisme.

Concrètement, comment pensez-vous procéder pour que l’ordre revienne enfin ?
Pour que l'ordre revienne, la thérapie est connue et simple. C'est le respect de la loi. Ce respect n'est pas facultatif, il s’impose. Maintenant si certains acteurs sont récalcitrants, on utilisera le marteau pour faire entrer le clou. On ne fait pas les omelettes sans casser les œufs. Je sais que parmi les motos taximen par exemple, il y a des responsables qui savent que l’activité nourrit son homme, ils respectent la loi contrairement à certains. On va donc séparer le bon grain de l'ivraie. Je dois avouer que le succès de notre opération dépendra davantage du degré d'implication des maires qui doivent prendre leurs responsabilités en matière du bon ordre urbain (la régulation de l'activité des motos-taxis, la création et l'organisation des marchés relèvent de la compétence des maires). Je souhaite vivement leur implication afin que la tutelle soit un accompagnateur et non plus un acteur de premier plan qui doit être sur le terrain tous les jours pour que les lignes bougent. S'agissant des nuisances sonores, le respect des heures de fermeture est un impératif et les sanctions ici iront du retrait de la licence d'exploitation à la fermeture définitive. Finie donc la tolérance. Désormais, aucune sanction ne sera inférieure à 30 jours. Le même traitement sera réservé aux églises dites de réveil dont les activités ignorent la quiétude du voisinage.

Les motos taxis en particulier semblent réfractaires à l'ordre et difficiles à maîtriser. Avez-vous une stratégie spéciale pour les ramener à l'ordre ?
On parle des motos justement parce qu'on les voit un peu partout. Je vous assure que nul ne peut être au-dessus de la loi, ce n'est qu'une illusion. Les propriétaires desdites motos ont intérêt à éduquer les conducteurs à qui ils ont confié leurs motos. Figurez-vous que certains conducteurs disparaissent une fois que la moto est mise en fourrière. La stratégie spéciale ici est l'évolution de la sanction, les motos sais...

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