« L’utilisation de ces produits monte en flèche »

Dr Yaba Dana Basile, directeur de la Pharmacie, des médicaments et laboratoires au ministère de la Santé publique.

Depuis quelque temps, le ministre de la Santé publique tire la sonnette d’alarme sur les produits cosmétiques dangereux.  Quelle est l’ampleur du danger ?
Les produits cosmétiques dangereux sont de plus en plus utilisés par nos populations, notamment les jeunes filles et les femmes. Malheureusement, l’utilisation de ces produits cosmétiques dangereux entraîne des conséquences énormes et néfastes sur la santé.  Face à cette situation, le gouvernement a consacré cette question dans la Stratégie nationale de développement (SND30), qui stipule dans sa deuxième partie, chapitre 4, page 89, d’« engager une lutte sans relâche contre l’addiction des jeunes aux substances nocives à la santé et à l’utilisation des produits cosmétiques dangereux ». 

Qu’est-ce qui explique la prolifération de ces produits dans le pays ?
Depuis plus d’une vingtaine d’années, on note la montée fulgurante et exponentielle de l’utilisation des produits cosmétiques dangereux par les jeunes filles et femmes camerounaises, la course au blanchiment de la peau étant devenue une pratique quotidienne chez ces dernières. La femme de teint clair est considérée comme la plus belle, la plus propre, la plus envieuse et même la plus sollicitée par les hommes. Il faut aussi explorer un problème anthropologique ou sociologique. Le teint noir est de plus en plus rejeté par notre jeunesse et laisse place aux sollicitations de produits cosmétiques dangereux bon marché. La forte sollicitation de ces produits par nos populations entraîne la prolifération de ces produits dangereux. Il s’agit tout simplement de la réponse de l’offre à la demande.

Comment contrôler efficacement l’entrée et la circulation de ces produits sur le sol camerounais ?
Cette lutte sans relâche engagée par le gouvernement à travers le Minsanté contre les produits cosmétiques dangereux s’articule autour de quatre points. Il s’agit, entre autres, de la sensibilisation sur les dangers ; du renforcement des textes qui encadrent la fabrication, de l’importation et l’exportation, la distribution et l’utilisation des produits cosmétiques ; de l’appui continue du Minsante auprès des organisations de la société civi...

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