Libre circulation en zone CEMAC: cette fois est-elle la bonne ?

A l’issue du dernier sommet sous régional, le Gabon et la Guinée équatoriale se sont engagés à appliquer le principe pour le bien des économies locales.

« … La conférence a pris acte de l’engagement de leurs Excellences Ali Bongo Ondimba et Obiang Nguema Mbasogo, respectivement président de la République gabonaise et président de la République de Guinée équatoriale, d’appliquer la libre circulation intégrale au bénéfice de tous les ressortissants de l’espace CEMAC munis d’une pièce d’identité sécurisée (carte d’identité ou passeport biométrique). Une mission circulaire de la Commission de la CEMAC se rendra dans l’ensemble des pays à l’effet de s’assurer de la matérialisation de la mise en œuvre de cette haute décision », peut-on lire dans le communiqué final de la 13e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale  qui s’est tenue à Djibloho en Guinée équatoriale vendredi dernier. Moins de deux mois après s’être réunis en session extraordinaire à Yaoundé, les pays de la sous-région ont remis ça. La question de la libre circulation des personnes et des biens. Ce volet constituait déjà le 16e point des vingt-une résolutions qui avaient sanctionné la rencontre de la capitale camerounaise. Ce sujet avait déjà été débattu lors d’un sommet des chefs d’Etat en 2013. Ils avaient alors arrêté l’effectivité de la libre circulation pour le 1er janvier 2014. Leurs ministres de la sécurité avaient discuté des contours de l’application de cette décision au cours d’une réunion tenue au Gabon en novembre 2013. Depuis lors, rien !
La Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale continue de faire figure de « mauvais élève » en matière d’intégration sur le continent. La rencontre de la semaine dernière en Guinée équatoriale sera-t-elle la bonne pour l’application de cette décision, dans la mesure où dans les autres espaces sous régionaux sur le continent le problème ne se pose plus. Une simple carte d’identité communautaire suffit aux citoyens de la CEDEAO pour se déplacer d’un Etat à un autre. En cause ici, les égoïsmes des différents Etats de l’Afrique centrale.

 

Dr Ariel Ngnitedem: “Interest Of Sub-region Beyond Individual Countries”

Economic scholar and public finance expert, lecturer at the University of Yaounde II – SOA

Officials of CEMAC have on several occasions announced the free circulation of persons and goods in the zone but not much of that is seen in the field. What impedes free movement in the sub region?
Permit me to emphasize the fact that free circulation of persons and goods also known as mobility of persons and goods is an indicator of economic development and at the same time a factor of economic growth, and contributes to social integration. The impediment of the free circulation of persons within the CEMAC limits the economic intercommunity trade, hampers the economic growth throughout the region and delays its overall economic development. Many factors account for the impediment of the free circulation of persons and goods in the sub region. They are institutional, economic and socio-cultural in nature. They include the egocentric behavior of some State leaders, who often put their country interests beyond the ones of the community. The economic and trade protectionism of some States which are somewhat afraid that their products and services may not be competitive enough against incoming ones. By so doing they want to protect domestic jobs for their citizens and the industrialization of their country. Xenophobia could be another factor.  
The economies of most of the CEMAC sub-region are dwindling especially with the fall in oil prices. Could free circulation of goods and persons reverse the trends?
The free circulation of goods and persons could constitute a way out of the economic downturn which is plaguing the economies of the CEMAC sub region. The free circulation of goods and persons has a great potential of increasing the intercommunity trade which stands at only 15%, compared to more than 35% in most of other African regional economic communities. It could also foster the mobility of a well trained and skilled workforce that could benefit to all industries located across the sub region. Last but not the least is the economic impact of the road, energy and telecommunication infrastructure that will be built across the region in order to accommodate this free circulation of goods and persons. All in all, that will open up the 45 million consumers that make up the CEMAC market to the six economies of the sub region allowing them to produce and sell in a market twice to 10 times bigger.
Interviewed by Roland MBONTEH

 

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