Libre circulation en zone CEMAC: il faut surmonter les vieilles peurs

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Comme une inlassable ritournelle, la question de la libre circulation des personnes et des biens est revenue sur les devants de l’actualité à l’occasion de la 13e session ordinaire de la Conférence des chefs d’Etat de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) que vient d’abriter la Guinée équatoriale. Deux pays se sont jusqu’ici opposés au principe de la libre circulation : le Gabon et la Guinée équatoriale. On peut se réjouir du fait que les lignes semblent bouger cette fois-ci avec l’engagement des présidents gabonais et équato-guinéen d’appliquer  « la libre circulation intégrale au bénéfice de tous les ressortissants de l’espace Cemac munis d’une pièce d’identité sécurisée ».  Pour s’assurer de l’effectivité d’une telle mesure, il est même prévu qu’une mission de la Commission de la Cemac se rende dans l’ensemble des pays concernés.
Certes, le sort peu enviable réservé à certaines décisions prises par le passé concernant notamment l’instauration du passeport communautaire, n’incite pas à un optimisme béat. Toujours est-il qu’il fallait des hautes directives pour sortir la Cemac d’un état quasi-comateux, même si rien ne permet d’affirmer avec certitude que les résolutions contenues dans le communiqué final seront appliquées à la lettre. Il s’agit pourtant d’un passage obligé.  La trajectoire des grands ensembles économiques dans le monde indique, en effet, que la mobilité humaine et les échanges commerciaux sont au cœur de la dynamique d’intégration. Les exemples de L’Asean (Asie-Pacifique) ou de l’Union européenne illustrent à suffisance  les atouts et retombées du libre-échange dans un espace géographique et humain déterminés. S’agissant de l’Afrique, il est de notoriété publique que la zone Cemac accuse plusieurs longueurs de retard sur le plan du commerce et du brassage des populations. Les échanges intra-Cemac représentaient à peine 3% du commerce total en 2014 contre 9 % pour la Cedeao (Afrique de l’ouest) et 7 % pour la SADC (Afrique australe). De nos jours, un opérateur économique camerounais a plus de difficultés à se rendre en Guinée équatoriale ou au Gabon qu’au Rwanda ou au Bénin, deux pays qui viennent de supprimer le visa pour les ressortissants des pays-membres de l’Union africaine. C’est dire que les pays de la Cemac ont encore du chemin à faire en la matière. Le faible taux des échanges s’explique en partie par le poids des égoïsmes nationaux. Prenant prétexte de leur démographie relativement faible, certains pays évoquent régulièrement le risque d’être « envahis» par des ressortissants des pays plus peuplés au cas où ils ouvraient intégralement leurs frontières.

 

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