« Il s’agira d’arriver à une production très compétitive »

Tobie Ondoa Manga, point focal de la Coalition pour le développement de la riziculture en Afrique, inspecteur général du développement agricole au Minader.

De manière concrète, que prévoit la stratégie de développement de la filière riz ?
La stratégie que le Cameroun adoptée va consister à voir comment, au regard de ses forces et de ses potentialités le pays peut faire face aux contraintes et atteindre les objectifs qu'on s'est fixés et partant, devenir auto-suffisant pour ce qui est du riz. Mais le tout n'est pas de produire car, entre le grain et l'assiette du consommateur, il y a un certain nombre d'étapes à franchir comme le décorticage et le séchage. Il faut donc que le riz local, comparativement à ce qui est importé soit vendu à un prix abordable pour susciter plus d'intérêt chez le consommateur. Ce sont toutes ces préoccupations qu'on a essayé d'adresser. Donc, il s’agira de voir comment arriver à une production qui soit très compétitive sur le plan économique, mais aussi bonne à consommer. 
Quels sont les freins à une plus grande disponibilité du Made in Cameroon ?
Cela fait plus de 60 ans que le Cameroun produit du riz. Cependant, cette production n’atteignait pas les grands centres de consommation que sont Yaoundé et Douala, où les besoins étaient couverts en grande partie par les importations. Il s'agissait d'examiner ce phénomène et selon le constat qui s’en est dégagé, les infrastructures routières qui lient les bassins comme ceux de la région de l'Extrême-Nord sont enclavées, en plus des nombreux contrôles routiers. Les taxes parafiscales à payer sur la route font que le coût de vente revienne plus cher que des marques étrangères moins chères à l'importation. 
Pourquoi la production tarde-t-elle à décoller malgré les projets et les nombreux acteurs impliqués dans la filière ?
Dans notre stratégie, l’enjeu de la coordination des interventions est important. A titre d'illustration, les aménagements hydroélectriques coûtent assez cher. On peut débourser environ 10 millions de F pour aménager un hectare de terre pour la riziculture irriguée. Dans certains bassins, il se pratique une double culture. La production se fait deux fois par an. Cela permet d'amortir les prêts et rentabiliser l'infrastructure à la Semry. Mais dans les zones ordinaires, on fait une seule culture. S'il y avait une seule institution qui suivait tout cela, on trouverait le moyen d'harmoniser les interventions.  
Quels sont les leviers à activer pour une bonne mise en œuvre de la stratégie de développement ?
Nous sommes ici dans le cadre ...

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