« Nous devons entrer en force dans ces secteurs »

Pr Fuh Calistus Gentry, ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique par intérim.

Certains projets miniers accusent du retard en raison, entre autres, du peu de fiabilité des entreprises détentrices de permis d’exploitation. Quels leviers comptez-vous activer afin de permettre à ces initiatives de démarrer véritablement ?
Dans l’industrie minière, il y a les chiens de chasse, c’est-à-dire les juniors qui commencent l’activité. On n’est pas très exigeant envers eux au niveau du permis de recherche. On donne les permis de recherche à tout le monde, qu’il s’agisse des personnes morales ou physiques, présentant le minimum de capacités à découvrir une réserve minière. Après la découverte, si la réserve est établie, c’est à partir de ce moment qu’on peut établir une convention. En d’autres termes, la convention minière est négociée sur la base des réserves minières trouvées. Une fois que la réserve est identifiée, on fait appel à celui qui a la capacité de lever des financements nécessaires auprès des institutions mondialement connues.

Ce n’est pourtant pas suffisant…
L’autre élément dont on tient compte, ce sont les références antérieures du partenaire. Elles doivent être solides et convaincantes. Si toutes ces conditions ne sont pas réunies, le projet concerné doit être restructuré. L’un des problèmes de l’industrie minière au Cameroun c’est que tous les projets où les réserves sont connues sont détenus par les mêmes juniors qui n’ont pas de références. C’est pour cette raison que nous exigeons un partenaire stratégique pour l’avancement du projet. C’est d’ailleurs pour cela que l’entreprise Geovic a été restructurée, pour amener un partenaire stratégique qui est Phœnix. Ce dernier a fait venir Sinohydro dont les références sont internationalement connues. Elle va se charger de la mine. Il en est de même pour Xinhai qui va s’occuper de la construction de la centrale ou encore Infi qui a déjà réalisé plusieurs projets miniers dans le secteur aval. En clair, nous avons constitué une équipe solide pour la conduite du projet d’exploitation du cobalt-nickel-manganèse. C’est ce qui justifie le terme relance, parce que les éléments techniques et financiers sont à présent rassemblés pour un démarrage effectif du projet.

Quid des autres projets ? 
Si je prends le cas du projet de fer de Mbalam, c’est la même chose. Bestway se porte garant d’apporter tous ceux qui peuvent construire. C’est ce que nous allons examiner. Elle doit s’engager dans le capital. Les mémorandums d’entente n’engagent personne, tant qu’on n’est pas dans le capital de l’entreprise. C’est pour cela que le ministère des Mines est là pour assurer la restructuration.   
Sur les différents projets, on note qu’il y a encore des choses à faire. Quelles garanties donnez-vous aux populations que ces projets vont effectivement commencer ?
Il est important de souligner que nous avons un minerais naturellement enrichi. Il est prêt pour l’exportation. Un défi subsiste, à savoir là où le minerais se trouve et le lieu à partir duquel il doit être exporté. Cette contrainte peut être levée. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que nous descendons sur le terrain. Il y a deux manières de résoudre ce défi : créer un consortium qui va porter le projet du chemin de fer. Pour le cas de Mbalam, on a donné cette tâche à Bestway qui va nous soumettre son rapport et nous vérifierons que l’entreprise spécialisée dans la construction de ce chemin de fer figure dans ce consortium. Il va falloir à cet effet démontrer d’une solide expérience en la matière. En dehors du chemin de fer, on a exploré l’option du transport du fer par la route. Sur ce point, si nous prenons seulement 80 camions par jour, pendant un an, on peut mettre suffisamment de fer à la disposition de l’industrie locale. On peut même exporter un million de tonnes de fer. Je tiens à rappeler qu’au regard du coût du fer actuel, celui qui l’exporte peut avoir jusqu’à un million de dollars par jour (606 millions de F). Nous devons donc tous ensemble contribuer à relever tous les défis. Il faut bien expliquer aux uns et aux autres les enjeux, afin que les banquiers, les assureurs, tous les acteurs des industries connexes comprennent les réalités de l’industrie minière. L’Afrique de l’Ouest est dans le secteur depuis 100 ans. L’Afrique australe est aussi très avancée. Nous devons être humbles pour apprendre et être au même niveau que les autres.

Quelles pourraient être les retombées des projets récemment visités ?
Le Code minier est assez clair sur le sujet. La taxe ad valorem a prévu que là où l’activité est située, les riverains doiven...

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