Jean-Claude Mbwentchou: « C’est un tournant décisif dans le secteur »

Ministre de l’Habitat et du Développement urbain.

M. le ministre, le président de la République vient de signer deux décrets habilitant le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire à signer des accords de prêt pour le financement des études du projet de construction des logements à Yaoundé et ses environs. Qu’est-ce que ces textes inspirent au ministre en charge de l’habitat que vous êtes ?
A l'initiative du président de la République, et à la faveur de la préparation de la CAN 2019, et du Plan d'urgence triennal pour l'accélération de la croissance économique, nous  assistons dans notre pays, depuis quelque temps, précisément depuis deux ans, à une effervescence particulière en matière d'investissement dans certains domaines, notamment dans celui de l'habitat. C'est ainsi que des opérations de construction de logements et équipements socioculturels associés sont en cours de réalisation à travers le territoire national. Mais force est d’admettre que la dynamique ainsi impulsée ne peut pas apporter une réponse complète aux besoins en logements qui sont très importants et dont la satisfaction impose de passer à une autre échelle de production et à un niveau de performance des entreprises autrement plus compétitif. Il s’agit en fait d’industrialiser la production des logements. Nous y travaillons depuis quelques années à travers le montage du projet pour lequel le président de la République vient d’habiliter le ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire à signer avec la Banque Intesa Sanpaolo SPA un accord financier lié et un accord de prêt  sous forme de crédit acheteur, garantis par la SACE, d’un montant global d’un peu plus de 115 milliards FCFA .  Ce projet porte en effet sur la construction de 10 000 logements par la société italienne PIZZAROTTI. Je dois dire que la signature des deux décrets d’habilitation marque un tournant décisif dans le secteur de l’habitat et laisse entrevoir une amélioration tant qualitative que quantitative de la production dans  ce domaine grâce à la construction d’une Base industrielle qui produira les matériaux et éléments de construction des logements et leurs équipements associés. Le cap étant ainsi fixé par le chef de l’Etat, il revient à tous les acteurs impliqués d’œuvrer résolument pour l’atteinte des objectifs.
Les sites de construction de ces logements sont-ils identifiés ?
Le projet de construction de 10 000 logements et 61 équipements collectifs ainsi que les VRD y associés sera réalisé à Yaoundé et ses environs. Il est structuré en phases dont chacune porte sur 1 000 logements. Dans sa démarche de constitution des réserves foncières, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, nous a déjà dotés de quelques parcelles et nous en attendons d’autres. Il est important de souligner que les deux décrets d’habilitation que vient de signer le président de la République concernent la phase I du projet qui comporte, outre la conduite de toutes les études, la réalisation de la Base Industrielle et la construction des 1 000 premiers logements. A cet effet, nous avons deux parcelles situées à Mbankomo dont l’une abritera la Base Industrielle et la seconde servira de terrain d’assiette aux logements.
Quand pourrait démarrer la réalisation de ces projets ?
En fait, les études sont en cours. Pour un projet de cette envergure et de cette nature, le volet études est déterminant pour le succès des réalisations. Selon le calendrier élaboré, un délai de 15 à 18 mois est nécessaire à la réalisation de ces études. La réalisation de la Base Industrielle démarrera dès le huitième mois. L’implantation des premiers logements sera lancée sept mois plus tard soit dès le quinzième mois.
Les logements du quartier Olembé restent jusqu’ici inhabités. Quel est le problème ?
Sur très hautes instructions du président de la République, la commercialisation des logements du site d’Olembé à Yaoundé, dont la plupart sont pratiquement achevés, a démarré depuis 2013, et se poursuit sereinement. Partiellement habités à ce jour, leur occupation se heurte à une contrainte majeure, à savoir les travaux des concessionnaires des réseaux notamment Camwater et Eneo, qui ont été saisis et sont à pied d’œuvre pour alimenter ce site, situé en hauteur et nécessitant des suppresseurs en eau et des transformateurs spécifiques en électricité et dans une moindre mesure, les travaux d’habitabilité, en cours de finalisation sous la supervision de la MAETUR. Une fois ces travaux terminés, nous sommes persuadés que les différents acquéreurs, qui se comptent par centaines, et qui pour certains effectuent au quotidien des travaux d’aménagement intérieur des logements qui leur ont été attribués, pourront effectivement intégrer leurs appartements.
 

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