Développement et viabilisation de Bakassi : un chantier à poursuivre

Faire flotter de manière définitive le drapeau camerounais sur la péninsule de Bakassi était une grande victoire. Mais ceci mettait en même temps les autorités face à un nouveau défi : celui d’assumer cette victoire diplomatique et judiciaire sur le terrain, en faisant de cette presqu’île un endroit où il fait bon vivre pour chaque Camerounais qui s’y trouve ou qui souhaite s’y rendre. Pour ce faire, le gouvernement a créé le 27 août 2007, à travers un décret du Premier ministre, le Comité de coordination et de suivi de la mise en œuvre des projets prioritaires à réaliser dans cette partie du pays : routes, hôpitaux, écoles, structures administratives, etc. Après dix ans de mise en œuvre, un nouveau décret du Premier ministre signé le 21 août 2017 a créé le Bakassi Peninsula Development Programm (Badep). Cette nouvelle structure suivait les traces de celle qui l’a précédée, mais avec une bien meilleure organisation. Supervisée par le Premier ministre, celle-ci est formée d’un comité d’orientation placé sous l’autorité du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire. Le Programme dispose également d’une unité de gestion opérationnelle qui fait office d’organe d’exécution. Des années plus tard, des avancées sont notées sur le terrain. 

Sécurisation
Depuis 2009, le Bataillon d’intervention rapide (BIR) assure, sur terre et dans la mer, la sécurité des populations. Cette unité d’élite des forces armées camerounaises a succédé aux éléments de l’ « Opération Delta », présents sur le site pendant plus de 15 ans. Le BIR repousse, notamment, les attaques sporadiques de groupuscules séparatistes et rebelles nigérians. La marine nationale y effectue aussi des opérations. En plus de l’armée, la Gendarmerie nationale, pour la grande criminalité, et les forces de police, pour l’ordre public, sont également installées à Bakassi, territoire peuplé à la fois de Camerounais et de ressortissants nigérians, appelés à vivre ensemble. Si ces populations cohabitent paisiblement dans cette zone, le défi réside surtout dans la sécurisation des couloirs qui conduisent à la péninsule. « La crise dans le Sud-Ouest a freiné l’exécution de nombreux projets. Elle a également un impact sur l’engouement des populations qui voulaient s’y établir. En engageant un voyage par route, on n’est pas à l’abri d’une attaque », explique l’honorable Njume Peter, député du Ndian.  

Désenclavement
D’une superficie de près de 1000 km2, Bakassi est un territoire très enclavé, avec une forêt dense, et des pluies qui tombent de manière intense presque neuf mois sur 10 au cours de l’année. La première connexion par route avec le reste du pays a été inaugurée en 2010, avec l’ouverture d’une voie de 75 km reliant la ville de Mundemba, chef-lieu du département du Ndian (dont dépend Bakassi) et la localité d’Akwa. Cette route, construite à l’époque par le Génie militaire, a été réhabilitée en 2017, avant de se dégrader à nouveau. Des ponts ont par ailleurs été construits pour la traversée des cours d’eau. De même, d’autres pistes ont été aménagées dans le cadre du budget d’investissement public afin d’améliorer la mobilité des populations dans la zone de Bakassi. Des édifices publics et des logements d’astreinte ont, du reste, été érigés avec l’affectation des agents de l’Etat. Le problème reste celui du type de constructions, pas toujours adaptées à la nature du sol marécageux, et le climat très pluvieux qui dégrade rapidement ces infrastructures. Sur un autre plan, le réseau téléphonique arrose la zone depuis quelques temps grâce aux pylônes construits par le Génie militaire. Par contre, la situation d’insécurité ralentit les travaux de pose de la fibre optique.

Infrastructures sociales de base
En matière d’accès à l’édu...

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