Musique: le nouveau Ruben Binam

L’ancien membre des Macase est désormais le mentor d’un groupe de jeunes musiciens  et chanteurs prometteurs.

Une nuit et des surprises. Ruben Binam Bikoï au piano, des voix inédites aux chœurs, et des instrumentistes au doigté déjà impressionnant pour leur jeune âge. C’est la recette du Ruben Binam & Kemit-7, ou plutôt le résultat de plus de six années de recherches vocales et instrumentales menées par l’ancien des Macase, présentée au cours d’un show-case le 3 février dernier à Yaoundé. Ce soir-là, il feuillette le catalogue 2017 de Alizés Equateur Records, cette plateforme qu’il lance pour l’épanouissement de talents camerounais et africains, l’ensemble d’un travail abattu depuis 13 ans en termes de productions.
Le collectif Ruben Binam & Kemit-7, c’est une quarantaine d’albums rassemblés par des artistes adhérents au concept prôné par son promoteur : « Une famille musicale qui a le souci de défendre la musique africaine dans toute sa diversité, qui vient du Cameroun pour l’essentiel et qui veut aller à la rencontre de l’universel». Un répertoire riche proposé par des chanteurs comme Samy Mbongo, Tonton Marcel, Eyali, T-Reza, Sakwe Time, Rosine Nguele, Yellow-G, Shan-T. Voilà pour les voix. L’orchestre, cœur du Kemit-7, est constitué de talents bruts et de musiciens encore en herbe, mais dont les prouesses laissent envisager un avenir encourageant. Ce sont Alexis Mbaïnaïssen à la batterie ou à la guitare en tant que de besoin, Régis Njiki à la guitare, Arnaud Waffeu à la basse, Mister Haal au trombone, Joël Wandja à la trompette et Paul Ndedi à la batterie. Le tout sous la coordination de Ruben Binam Bikoï au piano.
Ce collectif né de façon spontanée, au fil de l’arrivée et de la découverte des talents, se plait à revisiter les grands classiques camerounais, mais n’oublie pas de dévoiler son propre univers, toujours aussi attrayant et indéfini, comme les membres du Kemit-7. « Nous avons en gestation des albums qui porteront le cachet de Ruben Binam & Kemit-7, mais aussi des opus des meilleures chansons de la musique africaine, camerounaise, entre autres, qui ont été revisités par mes soins, et par les membres du groupe », a expliqué Ruben Binam Bikoï. Grâce au Kemit-7 de jeunes artistes ont l’opportunité d’acquérir l’expérience de la scène live et du métier en général. Le but recherché est également la labellisation. Son promoteur veut voir au-delà du groupe, l’éclosion de la carrière de chaque membre de cette association.
 

Ruben Binam Bikoï: « J’ai du mal à imaginer une carrière tout seul »

Fondateur de la plateforme « Alizés Equateur Records »

Après plus de 15 ans au sein des Macase, vous revenez avec Kemit-7. Qu’est-ce qui vous pousse à replonger dans une autre aventure de groupe  ?

Une fois que le projet d’accompagnement des artistes était arrivé à une phase de maturité, et qu’il fallait éditer l’album, nous faisions le constat qu’en cas de live, il n’y avait personne aux  côtés des artistes pour constituer une équipe de musiciens. Je me suis décidé à constituer un orchestre qui allait au fur et à mesure être destiné à accompagner des artistes produits par le label. Petit à petit, on a eu un batteur, un percussionniste, un bassiste, un trompettiste, un tromboniste, etc., et on a pu constituer la base du Ruben Binam & Kemit-7. Chacun d’eux venait au départ pour le développement de sa propre carrière. Je les ai amenés à se rendre disponibles les uns pour les autres. Dans la section de chœurs, j’ai encouragé les chanteuses à mettre en commun leurs projets. Ruben Binam & Kemit-7, c’est la mise en avant de l’un des acteurs, puis à son tour dans un ordre de relais, il met en avant les autres.

Est-ce à dire que Ruben Binam Bikoï doit évoluer dans un groupe pour s’épanouir ?

Je vis, en ce qui me concerne, la musique comme un effet socialisant. J’ai l’esprit grégaire, donc j’ai du mal à imaginer une carrière tout seul avec mon piano, même s’il est la base de ce que je fais. J’ai beaucoup appris de mon expérience avec Macase pour arriver à délayer entre la rigueur et la rigidité d’un collectif et les ambitions d’un artiste, qui bien sûr a besoin de s’exprimer et de découvrir le monde, mais peut revenir au sein du groupe sans contrainte. C’est cela qui a manqué au sein de Macase, parce que, lorsqu’un membre bougeait pour un projet personnel, on était en difficulté dès lors qu’on n’avait pas intégré cette flexibilité. Ruben Binam & Kemit-7 permet donc cette flexibilité qui est importante pour la pérennité d’un groupe. Avec X-Maleya, je vis quelque chose d’urbain, mais avec Kemit-7 je reviens à une musique old school, qui pourtant est portée par une jeune génération.

Comment les projets musicaux d’Alizés Equateur Records se développent-ils ?

Alizés Equateur Records est une plateforme artistique et musicale. Entre 2004 et 2005, je voulais apporter des solutions au secteur de la musique. J’ai alors créé le studio Sound’Art, dans lequel nous réalisons nos productions discographiques. Nous avons ensuite attaqué la distribution avec Culture Mboa qui n’a pas très bien marché, mais qui m’a permis d’améliorer Music Point Distribution, un label qui nous permet de présenter notre catalogue. Nous visons également la formation. Nous développons le potentiel des artistes au sein du Service de la coordination artistique et technique (SCAT), à travers des ateliers, des répétitions pour faire des propositions et bien élaborer leur contenu artistique. Nous travaillons également avec de grands noms de la musique. Nous avons produit le dernier album de Anne Marie Nzié, « My life, my songs », en version acoustique et en version intégrale. Des artistes comme Henri Njoh, Claude Ndam, Manu Dibango, Mekongo Président, entre autres, nous ont donné des licences pour sécuriser leur travail pour la postérité. Des artistes comme X-Maleya, Jafa Junior, Avenir Ava, Mbale Mbale, collaborent avec nous.  

 

 

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