Café camerounais: les bons points de la transformation

Devant la consommation locale qui croît, l’on est passé de quelques 400 tonnes à 3700 tonnes de café transformées lors de la dernière campagne.

La transformation locale du café au Cameroun augure de meilleurs jours pour cette chaine de valeur qui a faitun bond impressionnant au cours de la campagne caféière 2015-2016. Elle est de 3 786 tonnes contre seulement 448 tonnes lors de la campagne précédente. Ceci s’explique, selon Bertrand Gako, torréfacteur installé dans le Moungo, par le fait que les Camerounais apprécient de plus en plus le café du terroir. On compte également la multiplication des campagnes de la promotion de la consommation locale instituées par le ministère du Commerce et ses partenaires. Avec notamment les Journées mensuelles de dégustation du café  comme Festicoffee, les Camerounais ont appris à déguster du bon café torréfié du terroir et en redemandent. « Ceci nous a encouragés à produire davantage et surtout  à nous intéresser à la transformation », indique le torréfacteur. Encore qu’au niveau de la commercialisation, le marché est bien ouvert. « Le produit est vendu par le biais des canaux classiques. Notamment les circuits de distribution des supermarchés et on essaie d’ouvrir des voies sur les marchés à l’exportation en passant par certains organismes, circuits étatiques notamment des missions économiques du Mincommerce ainsi que la Chambre de commerce et par la voie de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) », ajoute-t-il. Le café camerounais a tous les potentiels pour pouvoir percer les marchés à l’exportation.  
Il est surtout question de rendre la qualité du café meilleure et c’est ce à quoi s’attèlent les torréfacteurs actifs dans les trois zones de production du café du pays. A ce sujet, l’Office  national du cacao et du café (ONCC) indique que la qualité du café arabica et robusta s’est améliorée grâce aux bonnes pratiques post-récoltes appliquées par les acteurs. La qualité supérieure du café robusta en nette augmentation, représentant 10% de volume contrôlé. Pour ce qui est de l’arabica, les qualités extra-prima, prima et supérieure affichent 41% du volume total contre 30% au cours de la campagne 2014-2015. Il est à noter que les cafés exploitables sont classés en cinq catégories : excellente, extra-prima, prima, supérieure et courant. De plus, on constate une nette augmentation de torréfacteurs au cours de la campagne 2015-2016 où ils étaient 16 contre 12 lors de la précédente campagne. Ce qui fait dire au ministre du Commerce (Mincommerce), Luc Magloire Mbarga Atangana, que l’exemple de l’Ethiopie, premier producteur africain, est à copier. Avec une consommation locale estimée à 396 000 tonnes, représentant 56,1% de la production.
 

François Mefinja Foka: « Les Camerounais consomment de plus en plus le café du terroir »

Directeur général de l’Union centrale des sociétés de coopératives agricoles de l’Ouest (Uccao)

La transformation locale du café a connu un bond sans précédent lors de la dernière campagne caféière. Qu’est-ce qui explique cette situation ?
Il y a l’esprit d’entrepreneuriat des hommes d’affaires camerounais et puis, il faut le reconnaitre, les Camerounais consomment de plus en plus le café du terroir. On est aujourd’hui à près de 15% de la transformation locale, alors qu’il y a quelques années encore on ne transformait même pas 1% de notre production. Je crois qu’il faut mettre cela à l’actif des Camerounais eux-mêmes, qui ont pris l’initiative d’entrer dans cette chaine de valeur et apporter de la valeur ajoutée à notre production. Nous avons du bon café très bien apprécié à l’extérieur.
Est-ce que les producteurs possèdent des équipements adéquats pour la transformation du produit ?
Il y a certaines structures comme la mienne par exemple et bien d’autres qui ont investi dans la transformation et se sont équipées du matériel adapté pour le faire. Nous allons continuer à investir dans cette transformation pour permettre aux Camerounais de bénéficier des bienfaits de notre café.
Comment ça se passe au niveau de la commercialisation?
Pour ce qui est du café déjà transformé, il faut le mettre à la disposition de tous les Camerounais. Jusqu’ici, le café est considéré comme l’affaire des gens de la grande classe. Concernant la vente à l’extérieur, il n’y a aucun problème à vendre. Le marché est vaste et bien ouvert. Seulement, c’est la quantité que nous ne trouvons pas pour pouvoir transformer et vendre à l’exportation. Il y a énormément d’entreprises qui achètent nos produits. Donc, il n’y a pas un problème d’acheteurs parce qu’il ne manque pas de preneurs. Mais c’est la production qui fait défaut.    

 

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