Spécial Bâtiment et travaux publics: le défi de la professionnalisation

Selon les dernières estimations du gouvernement, la croissance du secteur secondaire (hors pétrole) est projetée à 7,4% en moyenne sur la période 2017-2019. Si la disponibilité de l’énergie électrique -encore entachée par l’insuffisance des infrastructures de transport- influence fortement la performance de ce secteur, il peut compter sur la branche bâtiment et travaux publics. En effet, le sous-secteur BTP contribue positivement à la croissance du secteur secondaire et a des effets multiplicateurs sur le reste de l’économie. Sur la période 2011-2015, la branche BTP a contribué pour 0,30 point en moyenne à la croissance du produit intérieur brut (PIB). Pour la période 2016-2019, cette contribution est projetée à 0,40 point. La poursuite des grands projets, la mise en œuvre du Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance et les travaux relatifs à l’organisation des CAN 2016 et 2019 sont entre autres chantiers qui  vont animer le secteur BTP.
Ces chiffres certes positifs, masquent une réalité peu reluisante. La faible proportion des entreprises locales qui opèrent sur un terrain quasi conquis par des étrangers. Autre point d’ombre, la qualification des acteurs. L’année 2016 s’est aussi illustrée par une série de résiliation de contrats. En avril, le ministre délégué à la présidence de la République chargé des Marchés publics a exclu 112 entreprises défaillantes de la commande publique pour une période de deux ans. Faits reprochés à ces prestataires : dépassement des délais contractuels et abandons purs et simples de chantiers. Le ministre des Travaux publics a fait de même au courant de cette même année. Notamment concernant des marchés d’entretien routier. Déplorant le fait que nombre d’opérateurs s’exercent dans un métier qu’ils ne maîtrisent pas.
Cette situation a conduit le gouvernement à initier un projet de catégorisation des prestataires dans le secteur du BTP. Objectif : améliorer la qualité des prestations effectuées. Ou plus simplement, professionnaliser les entreprises. La commission ad hoc créée à cet effet travaille à l’examen des dossiers de catégorisation.
L’autre préoccupation reste la percée attendue des entreprises camerounaises dans ce secteur. Certaines associations professionnelles existent déjà : l’Ordre national des ingénieurs de génie civil, l’Association nationale des entreprises de l’entretien routier, du bâtiment et des travaux publics (ANEER BTP créée en 2000 et qui regroupe environ 100 PME), l’Association processionnelle des ingénieurs conseils et sociétés d’ingénierie du Cameroun et la Fédération des petites et moyennes entreprises en travaux publics. Des regroupements qui dénotent déjà de la volonté des nationaux de gagner plus de parts de marché. Dans un secteur où le souci de qualité doit conjuguer avec la préférence nationale, le gouvernement est sur deux fronts tout aussi importants et capitaux pour l’économie nationale.

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category