Mali: les autorités intérimaires de Kidal en poste

Les nouveaux dirigeants devront mettre en place les services sociaux de base et faire fonctionner l’administration en attendant la tenue des élections.

Après la première tentative avortée le 18 février dernier, l’investiture du colonel Hassan Fagaga dans ses fonctions de président de l’autorité intérimaire de Kidal a finalement eu lieu mardi dernier. Malgré la volte-face de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) qui protestait par le passé contre la nomination par Bamako de Sidi Mohamed Ag Ichrach comme nouveau gouverneur de Kidal, un proche de la Plateforme. Pas moins de trente officiels, diplomates, leaders de l’ex-rébellion et religieux ont effectué le déplacement de Kidal. Seule fausse note : le drapeau malien n’a pu être hissé. En lieu et place, des écharpes aux couleurs nationales ont été distribuées aux autorités intérimaires.
Pour ne pas ressusciter les vieux démons, les différentes personnalités présentes ont soigneusement évité la question territoriale. «On sait qu’il y a des difficultés. La première, c’est la cohésion sociale. Dans l’autorité intérimaire, il y a la plateforme, il y a les représentants de l’Etat, les représentants de la CMA. Ce n’est pas fortuit. Tant que les gens ne parlent pas le même langage, tant que les gens ne s’entendent pas, il ne peut pas y avoir de développement, il ne peut pas y avoir de sécurité», a déclaré Haminy Belco Maïga, vice-président de l’Assemblée intérimaire. Du côté des autorités de Bamako, l’on se réserve de tout triomphalisme et préfère attendre voir les nouvelles autorités à l’œuvre. «Ce qui nous attend est encore plus difficile que ce que nous avons accompli. Il s’agira dorénavant de mettre les services sociaux de base en place, de rendre les services publics aux populations et aux citoyens, d’organiser les élections pour que ces autorités intérimaires soient remplacées par des collèges unis», a affirmé Mohamed Ag Erlaf, ministre de l'Administration territoriale, de la Décentralisation et des Réformes de l’Etat.
Si l’on se félicite de l’installation des autorités intérimaires de Kidal, l’on est moins sûr de la prise de fonctions de celles de Gao et Ménaka prévue ce jeudi et de celles de Tombouctou et Taoudénit annoncée demain.  Lundi dernier, des éléments d’un mouvement rebelle actif dans la région, ont investi l’Assemblée régionale de Gao pour contester le choix du président de l’autorité intérimaire et exigé une augmentation du nombre des membres de l’autorité intérimaire. Le lendemain, des combattants du même groupe ont occupé le Conseil régional de Tombouctou.  La nouvelle équipe a des pain sur la planche.
 

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