Centrafrique: un devoir collectif

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La récente tentative des troupes du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC) de s’emparer de Bambari, la deuxième ville du pays, reflète le refus des troupes rebelles de déposer les armes. Le FPRC tenait tellement à conquérir cette localité que les forces de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation de la Centrafrique (MINUSCA) ont dû intervenir énergiquement pour repousser les insurgés.
Autant ces nouveaux affrontements sont regrettables, autant ils traduisent la difficulté de préserver la fragile paix. Dans un contexte où la MINUSCA accuse le FPRC, une faction de l’ancienne rébellion de la séléka, de distribuer des armes aux jeunes en vue de poursuivre son offensive vers Bambari. Les fauteurs de troubles savent pourtant que la République centrafricaine (RCA) n’a pas encore fini de cicatriser les blessures de la pénible crise qui l’a ébranlée de 2013 à 2016 dont les principaux protagonistes étaient les anciens anti-balakas et les ex sélékas. Les instigateurs du désordre font aussi semblant d’ignorer qu’un retour vers la période ténébreuse serait catastrophique pour la nation entière y compris pour eux-mêmes. Quelles que soient les motivations des groupes armés, la RCA n’a pas besoin de revivre le cauchemar des années de braise. C’est donc à dessein que, dans un communiqué publié il y a quelques jours, la MINUSCA a mis en garde les assaillants, assurant qu’elle utiliserait tous les moyens mis à sa disposition pour éviter une escalade de la violence qui mettrait en péril la vie des populations civiles. Pour rompre définitivement avec le cycle de la violence et ouvrir des perspectives reluisantes au pays, le chef de l’Etat centrafricain, Faustin-Archange Touadéra, a fort opportunément placé sa gouvernance sous les signes de la paix, la refondation, la réconciliation nationale et la relance économique. La noblesse de ces missions est à l’image de la vision du président Touadéra. Il appartient à ses compatriotes de l’aider à la concrétiser. Il s’agit d’un devoir collectif.

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