Le casse-tête libyen

Le refus du parlement libyen d’accorder sa confiance au gouvernement d’union nationale confirme le blocage du  processus de réconciliation nationale. Lors de sa session d’avant-hier, le parlement, basé à Tobrouk dans l’est du pays, n’a fait que confirmer, à une majorité écrasante, le rejet du  gouvernement d’union nationale déjà notoire le 25 janvier dernier.
En réalité, ce nouveau rejet ne faisait l’ombre d’aucun doute puisque le parlement reconnu par la communauté internationale soutient plutôt un exécutif rival basé à Baida dans l’est du pays. Le gouvernement rival est issu d’un accord inter-libyen parrainé par l’Organisation des nations unies (ONU) et signé en décembre 2015. A Tobrouk, on estime que seul ce gouvernement est légitime et non pas le gouvernement d’union nationale également formé sous l’égide de l’ONU et qui s’est installé en mars dernier à Tripoli, la capitale. Encore faut-il relever que l’installation du gouvernement dirigé par le Premier ministre Fayez al–Sarraj à Tripoli a été précédée par le retrait des miliciens de l’organisation dénommée Aube libyenne. Lesquels avaient poussé le gouvernement et le parlement ayant élu domicile à Tripoli à fuir la capitale, en août 2014, pour trouver refuge dans l’est du pays.
En même temps qu’il mine la légitimité du gouvernement d’union nationale, ce nouveau rejet compromet également le processus de réconciliation nationale. Certains avaient pensé qu’après avoir rassemblé les forces de sécurité et chassé les terroristes de l’Etat islamique de la localité de Syrte à l’est du pays le 12 mai dernier, ce gouvernement s’attirerait les faveurs des parlementaires. Il n’en est rien. Fayez al Sarraj et son équipe peinent toujours à asseoir leur autorité sur l’ensemble du territoire national confirmant ainsi la constante vérité selon laquelle depuis la chute de l’ancien guide libyen Mouammar Kadhafi en octobre 2011, aucun gouvernement n’a pu stabiliser le pays. Ni le Conseil national de transition (CNT), ni le Congrès général national (CGN), ni les gouvernements successifs d’union nationale. Encore moins les milices rivales plus préoccupées par les recettes pétrolières que par l’avenir de la Libye.            
 

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