Encadrement des jeunes à Madagascar: la touche des religieuses camerounaises

 A Antsirabé, elles s’investissent auprès des communautés locales pour promouvoir le goût de l’effort et le sens du partage.

L’image qui frappe l’étranger qui foule leur espace de vie pour la première fois c’est leur simplicité. Une table à manger recouverte d’une simple nappe blanche brodée à la main par leurs soins, quelques chaises. Rien de plus. Rien ne prédisposait sœurs Ancilla, Georgette, Henriette et Mauricette, originaires de l’Ouest Cameroun, à se retrouver si loin de leur pays natal. Par la force des choses, elles ont reçu pour mission de se rendre à Antsirabe, à 170 km de Antanarivo, la capitale malgache. Sans doute pour continuer leur engagement au service de l’église, au sein de la communauté des Servantes du Cœur de Jésus. « Cela ne m’a pas trop inquiétée car je sais que toute sœur du Sacré Cœur de Jésus se rend disponible pour manifester la tendresse et l’amour miséricordieux du Père révélé en Jésus-Christ. Surtout là où la congrégation reconnait des besoins prioritaires », explique Sœur Ancilla, responsable de la communauté.
Au centre de leur vie quotidienne : le centre de formation foyer Oliva Uhlrich. Près d’une cinquantaine de jeunes y sont formés en cuisine camerounaise et malgache, agriculture,  élevage et principalement couture. Les quatre sœurs assurent elles-mêmes l’édification des jeunes filles qui ont choisi de servir l’église. Mme Paulette D., enseignante malgache le témoigne : « Les sœurs nous ont apporté l’espérance et la foi. Elles sont très actives et nos jeunes reçoivent une formation dans de nombreux domaines ». Le centre de formation est dirigé par Sœur Georgette, la directrice. Il est ouvert à tous les jeunes moyennant des frais de scolarité de 32 500 F l’an. « Il arrive parfois que tous ne paient pas la scolarité à la fin d’année. Nous ne pouvons pas les chasser et nous sollicitons certaines familles aisées pour les aider », assure la directrice.
Quant à la sœur Henriette, son plaisir quotidien est de promener les visiteurs à travers les champs, pour donner à voir l’immensité de l’œuvre qu’elle et ses congénères accomplissent. Du riz fluvial par ci, des choux, du maïs, et du « sissongo » pour nourrir les zébus. Elle en est fière : « Jamais je n’aurais pensé qu’on pouvait cultiver du riz loin des rizières car je ne connaissais pas cette méthode au Cameroun. Ici on l’appelle du riz fluvial. C’est ma plus belle récolte. Je leur apprends à travailler la terre au quotidien ». Les arts ménagers ne sont pas en reste. La directrice du centre est claire : « Les jeunes s’intéressent plus à la broderie, à la couture. Après deux ans de formation, elles peuvent se débrouiller. Parfois le centre ne vit que des ventes des nappes brodées ». sœur Mauricette, l’autre camerounaise que nous n’avons pas pu rencontrer est en route pour la France, en mission pour quelques jours. Jointe au téléphone elle exprime sa joie de parler aux journalistes camerounais.
Autre occupation et pas des moindres : l’élevage. sœur Henriette est fière d’ouvrir sa cage à lapins et de traire un peu de lait de vache. Les poules picorent à côté. Sœur Ancilla raconte avec fierté ces journées pleines de bénédictions.
 

Portrait:

Soeur Ancilla: Citoyenne du monde

A ses heures perdues, celle qui a fait vœu de servir Dieu se consacre à l’enseignement du français

«Ma devise dans la vie religieuse, sur ma carte de vœu perpétuel c’est : « Celui qui a donné sa vie ne s’appartient plus ». Donc quand on décide de se donner à Dieu, on sacrifie en même temps notre volonté. Je ne peux pas dire que je suis à Madagascar par mon choix personnel. J’y suis parce que l’Eglise et ma congrégation ont voulu que je vienne servir ici. Je suis contente de vivre dans cette ville car Dieu me précède toujours », dixit Sœur Ancilla de la Congrégation des servantes du cœur de Jésus. Responsable des postulantes au sein de sa communauté chrétienne, la religieuse a de longues journées qui se partagent entre le travail intellectuel et celui des champs. Levée à 4h30 tous les matins, c’est généralement au-delà de 19h qu’elle a un moment de répit et peut se retrouver face à elle-même.
« Dès 5h, je vais à la chapelle avec les postulantes. C’est pour les aider à être fidèles à leur vie de prière. Nous nous consacrons à l’oraison et aux laudes jusqu’à 6h.  Puis nous assistons aux messes dites par des prêtres qui se déplacent au sein de la communauté.  A partir de 7h 30, chacune vaque à ses occupations », explique la religieuse. En dehors des deux heures obligatoires à passer en communauté, entre 8h et 10h de lundi à jeudi, Sr Ancilla peut alors  prendre du temps pour un exercice qu’elle affectionne bien : dispenser des cours de langue française aux jeunes filles s’intéressant à la communauté.
Originaire de l’Ouest-Cameroun, Sr Ancilla est nantie d’un baccalauréat et a sécurisé cinq années d’études universitaires. « Je passais mon master en France, mais je n’ai pu l’achever car on m’a demandé de venir à Madagascar. J’ai fait anthropologie philosophique. Ce n’est pas facile lorsqu’on a choisi une mission comme celle-ci. C’est une vie d’ascèse aussi. Pour moi, la vie d’intellectuelle est plus facile que celle des champs », avoue-t-elle.
« Dès 5h, je vais à la chapelle avec les postulantes. C’est pour les aider à être fidèles à leur vie de prière. Nous nous consacrons à l’oraison et aux laudes jusqu’à 6h.  Puis nous assistons aux messes dites par des prêtres qui se déplacent au sein de la communauté.  A partir de 7h 30, chacune vaque à ses occupations », explique la religieuse. En dehors des deux heures obligatoires à passer en communauté, entre 8h et 10h de lundi à jeudi, Sr Ancilla peut alors  prendre du temps pour un exercice qu’elle affectionne bien : dispenser des cours de langue française aux jeunes filles s’intéressant à la communauté.
Originaire de l’Ouest-Cameroun, Sr Ancilla est nantie d’un baccalauréat et a sécurisé cinq années d’études universitaires. « Je passais mon master en France, mais je n’ai pu l’achever car on m’a demandé de venir à Madagascar. J’ai fait anthropologie philosophique. Ce n’est pas facile lorsqu’on a choisi une mission comme celle-ci. C’est une vie d’ascèse aussi. Pour moi, la vie d’intellectuelle est plus facile que celle des champs », avoue-t-elle.
 

Sr Georgette Metaya:  « Notre regard s’est tourné vers les défavorisés »

Directrice du Centre de formation foyer Oliva Uhlrich

Quand êtes-vous arrivées à Antsirabe ?

Nous sommes arrivées ici en 2000. La toute première à arriver ici était Sr Mauricette Djoukouo, venue de Bafoussam, envoyée par notre congrégation, « Les servantes du cœur de Jésus ». Je l’ai suivie en 2001, il y a environ 16 ans. Nous nous sommes installées ici dans le but de faire connaître notre congrégation et le cœur de Jésus. Nous avons aussi trouvé des prêtres ici qui nous ont également invitées à faire vivre ce charisme aux jeunes Malgaches. Avec l’accord de l’évêque, nous avons ouvert cette première communauté.

Vous êtes bien installées…

Oui, grâce à Dieu et au peuple malgache qui nous a si bien accueillies. Une fois installées dans cet espace de plus de 4 hectares, nous nous sommes posé la question de savoir comment allons-nous être utiles au peuple malgache ? Avec notre fondatrice, notre regard s’est tourné vers les défavorisés. Les jeunes qui ne sont pas scolarisés et qui n’ont pas la possibilité de préparer leur avenir. C’est ainsi que nous avons eu l’idée d’ouvrir un centre de formation en donnant le nom de notre fondatrice, Oliva Ulrich, de nationalité française.

Que dispensez-vous comme enseignement à ces jeunes ?

Nous avons environ 80 élèves. Notre objectif est de leur apprendre à tenir une maison, à être de bonnes ménagères. C’est cela que nous recherchons. Nous essayons aussi de leur apprendre à cuisiner des mets camerounais. Nous varions aussi avec les mets malgaches. Nous leur demandons pour cela d’apporter elles-mêmes des ingrédients et nous leur fournissons le complément qui est principalement le riz.
 

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