Maintien de l’ordre public: les étudiants de l’Enam à la page

Ils ont géré un cas de simulation de grève jeudi dernier à Awae où ils effectuaient une sortie de terrain.

Raphaëlle Ondoua n’a pas cessé d’exprimer son émerveillement à l’issue d’un exercice de simulation de trouble à l’ordre public que le Centre de perfectionnement aux techniques de maintien de l’ordre (CPTMO) d’Awae a organisé jeudi dernier, à l’attention des étudiants des cycles A et B de l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (ENAM). Pour la jeune dame et ses camarades, ce fut une belle expérience. L’exercice était le suivant : Une localité imaginaire appelée Mobloville reçoit la visite du Premier ministre. Les camionneurs de la ville en profitent pour organiser un mouvement d’humeur afin de protester contre les sanctions arbitraires subies au poste de pesage routier. Ils bloquent la circulation et les autorités locales doivent gérer cette crise de manière à ce qu’elle ne perturbe pas le séjour du Premier ministre.

Dans les rôles de ces autorités, les étudiants de l’Enam. Ils doivent mettre en pratique les cours théoriques reçus. Ils ont à leur disposition, des moyens logistiques, humains, matériels. Ils ont les pleins pouvoirs de décision, les honneurs dus. Que faire donc face aux manifestants bouillants qui menacent et brûlent ? Le staff préfectoral conduit par l’étudiante Aurelle Abaté dans le rôle du préfet multiplie les erreurs d’appréciation et de prise de décision. Les négociations entreprises avec les manifestants échouent et la grogne s’intensifie davantage. L’équipe est limogée et remplacée par Salaou Saïdou Ben Oumar dans le rôle du préfet, Patrice Samba Zida « sous-préfet » et Larissa Metcham, « premier adjoint préfectoral ». Cette équipe s’illustre par son tact qui conduit à l’arrestation discrète du meneur de la grève et la situation est presque sous contrôle quand survient un rebondissement.

Le président du pays voisin est en transit à Mobloville. Il doit être reçu par son homologue du pays hôte mais le boulevard est obstrué par les grévistes. Le « préfet » ordonne une réquisition pour le déploiement des camions antiémeute de la gendarmerie. Les jets d’eau et le gaz lacrymogène dispersent les assaillants. Plus tard, des solutions sont trouvées aux revendications et Mondoville retrouve la tranquillité. Salaou Saïdou, Patrice Samba et Larissa Metcham sont respectivement promus ministre, préfet et gouverneur ! Une fin heureuse qui excite les apprenants. « C’était cela le but de l’exercice : susciter l’émulation. Faire comprendre aux futurs administrateurs civils qu’un décret peut faire basculer leur vie », se félicite le chef d’escadron Nchoumpouo.

 

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category