RDC: l’Accord de la Saint-Sylvestre en panne

 Le blocage actuel du dialogue fait redouter un éventuel report des élections, l’organisation d’un référendum et une modification de la Constitution

 

Invité mardi dernier à New-York par les quinze membres du Conseil de sécurité de l’Organisation des nations unies (ONU), le président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a tiré la sonnette d’alarme sur les risques d’un échec de l’Accord du 31 décembre dernier. Marcel Utembi fonde ses inquiétudes sur les manœuvres politiciennes en cours et le manque de volonté politique qui retardent l’application de l’arrangement particulier destiné à la mise en œuvre dudit accord. «La persistance de cette crise risque de rendre obsolète l’Accord du 31 décembre 2016 et donner l’occasion de reporter les élections prévues en décembre 2017, voire d’en appeler à l’organisation d’un référendum ou à une modification de la Constitution», a-t-il prévenu. Le prélat regrette également la non application des mesures de décrispation du climat politique prévues par cet accord. Notamment la libération des prisonniers politiques et la réouverture des médias fermés par le gouvernement.
L’alerte de l’Eglise catholique intervient alors que le renouvellement du mandat de Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation au Congo (MONUSCO) intervient le 29 mars prochain. Si pour les quinze membres du Conseil de sécurité, l’application de l’Accord de la Saint-Sylvestre devrait figurer dans le prochain mandat, l’administration Trump envisage plutôt une baisse des budgets et du nombre des troupes dans les opérations de maintien de la paix à travers le monde. La République démocratique du Congo qui a la plus importante mission du monde avec 19.000 soldats, observateurs de police et militaires, pourrait donc faire les frais de cette volonté de l’administration américaine si elle venait à être appliquée. Gros contributeur à ces opérations, les Etats-Unis devront fournir près de 29% du budget de 7,9 milliards de dollars pour l’année en cours.
Un projet pas du goût de la France dont l’ambassadeur au Conseil de sécurité a prévenu contre tout risque que pourrait entrainer une telle initiative. «Réformer pour la rendre plus efficace, oui. Réformer pour la briser, certainement pas. On ne peut pas jouer avec le feu s’agissant de cet immense pays au cœur de l’Afrique dont la stabilité est clé pour lui même et pour l’ensemble de la région», a lancé François Delattre. Face à cette querelle, Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU, recommande un renforcement de la mission onusienne au Congo avec 320 policiers supplémentaires ainsi qu’un maintien du niveau actuel des troupes militaires.

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