Fonds routier: Comment optimiser les recettes

 Le système de collecte et de reversement des ressources financières, objet d’une étude dont les résultats ont été présentés les 22 et 23 mars dernier à Ebolowa

 

Les mécanismes de mobilisation des ressources affectées au guichet « entretien » du Fonds routier impliquent plusieurs acteurs aux profils divers. Et cette multiplicité des intervenants institutionnels ne favorise pas toujours la synergie souhaitée et affecte négativement l’action même du Fonds routier. C’est pour lever toute équivoque et optimiser le dispositif de collecte et de reversement des ressources en question qu’une étude a été commise et menée au mois de mai 2016. C’est ce travail d’enquête et d’analyse qui a été au centre d’un atelier organisé, à Ebolowa, par le Fonds routier, avec la forte implication de l’Institut national de la statistique (INS). Autour de l’Administrateur du Fonds routier, Jean-Claude Atanga Bikoé et du directeur général de l’INS, Joseph Tedou, la trentaine de participants issus des administrations impliquées dans la chaîne de collecte et de reversement des ressources ciblées s’est approprié les termes de l’étude menée et dont l’objectif ressort les forces, les faiblesses et les risques du système de collecte et de reversement desdites ressources. Des mesures correctives en vue d’en optimiser le rendement ont ainsi été proposées.
Ce sont donc ces mesures, véritables plans d’action préconisés, qui font que le Fonds routier dispose de réels atouts en cohérence avec les ambitions stratégiques du Plan directeur routier, mis en œuvre par le gouvernement. En effet, ce plan vise à faire passer la fraction du réseau routier bitumé de 10% actuellement à 17% à l’horizon 2020 et s’assurer également que le niveau de service routier, en matière d’entretien est bon à 100%. Pour rendre concrète cette ambition, l’Etat, comme le dira Jean-Claude Atanga Bikoé, devra disposer des sources de financement pérennes. C’est dans cette optique que s’inscrit l’étude sur la performance du système de collecte et de reversement des ressources affectées au Fonds routier.
Les exposés présentés ont ressorti les différentes problématiques observées dans les domaines tels que la redevance d’usage de la route, le droit de péage routier, les amendes du pesage routier et la taxe à l’essieu. Ainsi, les participants ont préconisé, entre autres, que la redevance d’usage de la route soit évaluée en fonction des besoins de l’entretien routier, que le péage et le pesage routiers soient automatisés, et que le paiement de la taxe à l’essieu soit annualisé et rattaché au paiement de la vignette. Tels sont en quelques points, quelques aspects du plan d’actions élaboré pour une performance accrue du Fonds routier.
 

Jean-Claude Atanga Bikoé: « Il faut informatiser les processus de collecte des ressources »

Administrateur du Fonds routier

Qu’est-ce qui fait problème jusque-là en matière de collecte et de reversement des ressources dédiées à l’entretien routier ?


Le problème majeur réside dans le fait que les opérations se font manuellement, ce qui pose un problème de contrôle et de sécurité des ressources. Ainsi, au regard des tendances actuelles dans la plupart des pays, il y a une réelle nécessité d’aller vers l’automatisation et l’informatisation des processus de collecte et de reversement des ressources. Fort heureusement, le gouvernement a pris la pleine mesure de la situation et le processus d’automatisation est déjà en étude concernant les péages routiers. D’autre part, il est important que les ressources collectées soient reversées dans le compte du Fonds routier ouvert à la BEAC, afin de lui permettre d’assurer le financement et le paiement des prestations d’entretien routier.


Comment pensez-vous mettre en œuvre les suggestions proposées pour rendre plus performant le système de collecte et de reversement des ressources affectées au Fonds routier ?


Il convient de souligner que les besoins en entretien des routes revêtues sont sans cesse croissants, de même que les attentes des populations. Il apparaît donc important d’optimiser la collecte et le reversement des ressources afin de faire face à ces besoins. Au cours des deux jours d’atelier, les participants ont élaboré un plan d’action pour chaque catégorie de ressources. Le Fonds routier n’étant pas directement responsable de la collecte et du reversement des ressources, ces plans d’action constituent des instruments dont les administrations compétentes, notamment le programme de sécurisation des recettes routières, doivent tirer profit à l’effet de rendre leurs actions plus efficaces. Bien évidemment, le Fonds routier et les autres parties prenantes pourront apporter leur appui pour plus de synergie.
 

 

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