Congé de Pâques: Pas de répit pour les classes d’examen

 Certains élèves ont renoué avec les cours depuis lundi dernier, pour mieux préparer les examens de fin d’année.

Ils sont censés être en congé pour la période de Pâques, comme tous leurs camarades. Que non. Depuis lundi dernier, des élèves ont repris le chemin de l’école. Pour mieux préparer, selon leurs encadreurs rencontrés dans certains établissements de la ville de Yaoundé, les examens de fin d’année.
Au lycée général Leclerc hier matin, l’atmosphère est reposante. Pas de brouhaha comme pendant la période règlementaire des cours. Ici et là, des groupes de trois à quatre élèves papotent. D’autres déambulent et parcourent les allées, le cœur à l’ouvrage pour un cours que pour rien au monde ils ne veulent manquer. Au niveau des services administratifs, le proviseur est en congé, mais une équipe assure la relève, rassure et renseigne les usagers. « Effectivement, nous organisons des cours pour nos élèves des classes de troisième, première et terminale. L’objectif est de mieux les préparer pour leurs examens respectifs, mais aussi et surtout, s’assurer qu’il n’y ait pas rupture et qu’ils restent dans la dynamique de préparation des examens ».
Au menu de ces cours de soutien, des exercices pratiques et de méthodologie, des sujets d’examen. Dans les salles de classe, les élèves sont concentrés, attentifs et studieux. L’environnement extérieur, plus calme qu’à l’accoutumée, les y oblige, pour le plus grand bonheur des enseignants. Au Cetic de Ngoa Ekellé, c’est le même sérieux. Pas de cris ou d’appels intempestifs de camarades à même de perturber. Côté administration, aucun responsable n’est en place, mais des enseignants dispensent des cours aux élèves de quatrième année. « Nous mettons l’accent sur les sujets d’examen et les exercices pratiques chaque jour, de huit heures à midi », nous renseigne une enseignante. Ici, ces cours ne sont pas obligatoires. Résultat, des salles de classes pas toujours pleines. Ce qui est loin de démotiver les enseignants présents.
 

Clémentine Virginie Bitjong Ndombol: « Il faut rattraper les heures perdues »

Inspecteur coordonnateur des sciences humaines pour le Centre

On constate que depuis le départ en congé de Pâques, des élèves continuent d’aller à l’école pour des cours de soutien pour certains et de rattrapage pour d’autres. Qu’est-ce qui explique cela ?

Les cours de rattrapage et de soutien sont ceux qui se déroulent pendant la période d’interruption des classes. Et il faut le préciser, les cours de soutien sont destinés aux enfants qui ont des difficultés particulières et ciblés pendant les deux premiers trimestres. Et au cours de cette période, on essaie de relever leur niveau dans les disciplines qui leur posent des problèmes. L’année scolaire étant ponctuée de jours fériés, il y a interruption des cours et c’est ainsi qu’interviennent les cours de rattrapage. Il est question de rattraper tout simplement les heures perdues.  Pour le cas actuel, il s’agit des cours de remise à niveau.

Ces cours intègrent aussi les élèves brillants, n’y a-t-il pas de risque de les saturer ?

On ne peut pas parler de saturation parce que l’enseignement est une redite, même quand on pense qu’on a tout compris. C’est toujours bénéfique de recommencer. On ne reprend pas les cours magistraux parce qu’il s’agit essentiellement des exercices pratiques qui participent à leur formation et pour les mettre en condition lors des examens officiels. Ces cours concernent même les enfants qui ont un niveau requis. Nous savons que les congés sont faits pour se reposer, mais il faut savoir que ces cours n’ont pas la même densité que les cours normaux. Ils s’arrêtent généralement à midi, ce qui fait que l’enfant a tout l’après-midi pour vaquer à d’autres occupations ou se divertir.
Le Minesec a pourtant interdit les cours de rattrapage, mais certains établissements persistent dans cette logique.
C’est vrai que l’année dernière, le ministre a instruit que ces cours soient revus parce qu’on avait l’impression qu’il n’y avait vraiment pas d’interruption de classes en période de congés. Il ne s’agit donc pas de continuer les classes comme s’il n’y avait pas d’interruption des cours. Ceux-ci sont règlementés par les textes du Minesec.  On n’est pas en déphasage avec ce que demande le ministre, mais nous essayons de nous arrimer aux difficultés qui sont les nôtres. Cette année particulièrement, le ministre nous a demandé de relever le taux de réussite  de nos apprenants. Et nous cherchons des voies et moyens pour atteindre cet objectif. Et les  cours de soutien, me semble-t-il, participent à cela.

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