Tchad: Les conseils de Deby au patronat

Le président tchadien a rencontré les chefs d’entreprises pour explorer ensemble les voies de sortie de la crise économique actuelle.

C’est un secret de Polichinelle de dire que le Tchad, dont l’économie repose principalement sur le pétrole, traverse la pire crise économique de son histoire depuis la chute des cours de l’or noir. Les mesures d’austérité prises par le gouvernement pour surmonter cette situation particulièrement difficile tardent toujours à porter des fruits. Bien au contraire, elles sont sources de multiples tensions dans le pays avec un quotidien marqué par des manifestations, des licenciements, des coupes sombres de salaires et autres avantages, et des grèves qui paralysent divers secteurs d’activités.
Conscient de la situation et des conséquences qui en découleraient, le président de la République a convié lundi plus d’une centaine de patrons du pays à une importante réflexion pour trouver des voies de sortie de cette zone de turbulence. Directeurs généraux, responsables de banques et opérateurs économiques ont répondu à l’appel d’Idris Déby Itno qui n’avait à ses côtés que quelques conseillers, sans aucun membre de son gouvernement. Des sources à la présidence tchadienne expliquent cette mise à l’écart des ministres par un «choix délibéré» du chef de l’Etat qui a souhaité un «franc-parler» avec ses hôtes.  Dans son propos, Idriss Déby Itno a surtout regretté le fait que plusieurs entreprises se contentent uniquement des marchés et contrats de l'Etat. Le président tchadien a invité les uns et les autres à prendre des risques et à diversifier les affaires «afin de ne pas être tributaire des seuls bons de commandes administratifs». Au cours de l’échange, il a surtout dénoncé la «thésaurisation des fonds» et encouragé les opérateurs à faire circuler la monnaie en l’injectant dans les circuits financiers afin d’inciter l’économie.
Dans cet échange sans tabou, Idriss Déby Itno et ses hôtes ont évoqué la question liée à certaines recettes de l’Etat qui n’atterrissent pas au trésor public, mais plutôt dans les poches de certains agents de l’Etat.  Certains opérateurs préférant soudoyer des fonctionnaires véreux plutôt que d’aller payer à la caisse. De commun accord, les deux parties ont ouvert la réflexion  sur les voies et moyens pouvant fructifier les recettes de l’Etat hors pétrole.
 

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