Patrimoine culturel national: les bases de l’inventaire fixées

 Narcisse Mouelle Kombi a ouvert à Yaoundé un symposium de deux jours visant entre autres la formation des enquêteurs de la phase 2017

 

La mémoire collective nationale plus que jamais au cœur des préoccupations. Cette volonté est appuyée par l’organisation à Yaoundé d’un symposium de deux jours sur l’inventaire général du patrimoine culturel national. La rencontre a été lancée par Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Arts et de la Culture, en présence du Pr. Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur et des chefs traditionnels et autorités administratives des quatre aires culturelles du Cameroun : fang-béti, grassfields, sawa et soudano-sahélienne. Ce symposium vise d’abord la restitution des résultats des missions d’inventaire de 2016. Des sites, monuments et autres découvertes ont été présentés par le Pr. Christophe Mbida. Il a dévoilé d’inestimables richesses du patrimoine, que ce soit des jeux, des danses, des recettes culinaires, etc. Bien d’autres bijoux du patrimoine sont à révéler au grand jour, d’où la formation des enquêteurs de la phase 2017 du recensement des trésors nationaux, autre pan majeur du symposium. Pendant deux jours, il s’agira de renforcer les capacités des agents et enquêteurs chargés d’identifier les différents types de patrimoine, matériel (objets d’art…) et immatériel (savoir-faire traditionnels,  rituels de purification…).  
Narcisse Mouelle Kombi a rappelé la symbolique d’un tel événement, au moment où le Premier ministre chef du gouvernement, a mis en exergue l’importance de l’inventaire du patrimoine culturel national, sans oublier la mise en place par le président de la République d’une commission pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme. Comment mettre en valeur ce réservoir énorme de trésors artistiques et culturels ? « Chaque village, peuplement, canton, est un gisement important de précieuses mines patrimoniales. La découverte et la valorisation de ce trésor doivent se faire avec l’appui des autorités traditionnelles », a précisé le MINAC. Ceci dans un contexte où, comme l’a expliqué le Pr. Paul Nchoji Nkwi, enseignant à l’université catholique de Bamenda, « nombre des œuvres matérielles du patrimoine camerounais sont volées, vendues à des collectionneurs à plusieurs millions de dollars, pour terminer dans des musées en Europe et en Amérique. »
Le MINAC a alors insisté sur le principe de l’expatriation de nombreux biens du patrimoine culturel national. « 6000 objets d’origine camerounaise se trouvent par exemple au musée du Quai Branly à Paris, et il y en a davantage à Berlin, à Berne, à Viennes et j’en passe. Il est important de faire l’état des lieux de ce que nous possédons actuellement », a souligné Narcisse Mouelle Kombi. Et pour encourager ces hommes et femmes qui luttent depuis nombre d’années à la sauvegarde de ces richesses patrimoniales qui tendent à disparaître, des distinctions ont été attribuées. Certains ont été faits chevalier de l’Ordre national de la valeur, d’autres ont été élevés à la dignité de grand cordon de l’Ordre du mérité camerounais.
 

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