Réhabilitation de la route Mora-Dabanga-Kousseri: les travaux vont reprendre

La signature du cadre de collaboration a eu lieu mercredi à Yaoundé entre les ministères en charge des travaux publics et de la défense.

Le fait est inédit. La Banque mondiale (BM) qui donne le feu vert au génie militaire pour la les travaux de réhabilitation de l’axe Mora-Dabanga-Kousseri. La cérémonie de signature du cadre de collaboration y afférent a eu lieu mercredi à Yaoundé entre le ministère des Travaux publics (Mintp) et celui de la Défense (Mindef), en présence de quelques membres du gouvernement et d’Elisabeth Huybens, directrice des opérations de la Banque mondiale au Cameroun. Pour les principaux acteurs, c’est la première fois au Cameroun et même dans le monde que l’institution financière confie ses travaux à une force de défense. Pour arriver à la structuration du projet, une série de négociations ont jalonné ce processus qui a finalement abouti à cette étape. 
Le coût de réalisation du projet de cet important réseau routier de 205 km, financé par la Banque mondiale est évalué à près de 70 milliards de F. Le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, co-présidant ladite cérémonie avec son homologue Joseph Beti Assomo de la Défense, a expliqué que du fait de l’insécurité dans cette zone, les travaux sur ces tronçons avaient été interrompus et les marchés y relatifs résiliés. Mais, compte tenu de l’importance économique de ce réseau routier, le président de la République a décidé d’y déployer le génie militaire pour la reprise du chantier. A cet effet, une réflexion a tout de suite été engagée pour que les travaux se poursuivent dans le cadre d’une régie axée sur les résultats (RAR) et menée par son département ministériel avec le soutien opérationnel du génie militaire, dans un environnement sécurisé par le Mindef. L’accord a été donné et sanctionné par le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Administration du territoire (Minepat) et la Banque mondiale. « On a ainsi franchi une étape déterminante dans le processus. L’objectif ultime reste la réhabilitation de manière efficiente de cet axe routier », a conclu Emmanuel Nganou Djoumessi.
Pour sa part, Joseph Beti Assomo a souligné l’importance de cette cérémonie tout en réaffirmant la détermination de son ministère à exécuter ses engagements contractuels. « C’est la première fois que la Banque mondiale confie les travaux d’une telle envergure non pas à une entreprise privée mais à un instrument de défense », a-t-il confié. Le Mindef a ainsi engagé le génie militaire à relever le challenge. « Je donne l’assurance que tous les travaux seront conduits selon les règles de l’art et les fonds utilisés à bon escient », a-t-il conclu.

Réactions

Elisabeth Huybens: « Le génie militaire va assurer la sécurité des lieux et des personnes »

Directrice des Opérations de la Banque Mondiale au Cameroun

« Avec la signature du cadre de collaboration entre le ministère des Travaux publics et le ministère de la Défense, le Génie militaire va pouvoir entamer les travaux de réhabilitation de la route Mora-Dabanga-Kousseri avec le financement de la Banque mondiale. On a collaboré pour s’assurer qu’on peut avoir un cadre de mise en œuvre par le Génie militaire avec des dispositions qui assurent une bonne conduite sur le plan financier, sur le plan technique et même sur le plan des relations entre les communautés et le génie militaire. Cette unité va aussi assurer la sécurité des lieux et des personnes ».
 

Le projet de tous les espoirs

La réfection de ce tronçon routier va assurément apporter une impulsion nouvelle à l’activité économique de la région et même au-delà.

La dégradation du tronçon routier reliant les villes de Mora dans le département du  Mayo-Sava et Kousseri  dans le département du Logone-et-Chari a suscité des grognes chez les usagers. L’économie sous régionale n’a pas été épargnée. C’est par là que transitent les marchandises provenant de l’état de Borno au Nigeria qui sont écoulées dans le Logone-et-Chari. Pour l’essentiel, ces marchandises transportées par de gros camions transitent par le Tchad ; une activité qui permet à la douane camerounaise de percevoir les droits de transit. Avant la survenue du phénomène Boko Haram qui ces dernières années a sérieusement plombé l’activité économique dans la région de l’Extrême-Nord, en moyenne toutes les 15 minutes, on enregistrait le passage d’au moins un camion allant d’un sens comme dans l’autre. C’est le passage normal des marchandises sortant du Nigeria et traversant le poste frontalier de Fotokol dans le Logone-et-Chari et desservant la partie sud du pays.
Mora-Kousseri, c’est un linéaire de 215 km et pour  le passager qui veut rallier un bout ou l’autre, il doit débourser 6000 F. Certains transporteurs ont même décidé d’abandonner l’axe Mora-Kousseri, préférant aller mener leurs activités ailleurs. Ces derniers justifient ce désistement par le fait que le mauvais état de la route abime leurs véhicules.  Actuellement que le corps national du Génie militaire a travaillé les points critiques dans le cadre des travaux d’urgence prescrits par le président de la République, un véhicule de tourisme peut mettre six heures d’horloge pour aller d’un bout à l’autre.
Avant cela, ce tronçon routier était un véritable parcours de combattant où chaque jour, les véhicules tombaient, victimes du piteux état des routes. Au pic même de l’insécurité dans la région de l’Extrême-Nord, certains usagers partant de Mora préféraient faire de grands détours, passant par Maroua et empruntant des routes sinueuses et dangereuses à travers les localités de Maga et d Zina. Coût du trajet : 16 000 F par tête. C’est dire combien la réhabilitation de ce tronçon donnera un souffle nouveau à l’économie dans la région de l’Extrême-Nord et bien au-delà.

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