Piment marron: le trésor caché de Ngobayang

Avec une bonne récolte, un producteur peut réaliser un chiffre d’affaires de 12 millions de F par an

 

Petit village situé à 15 kilomètres de Lolodorf, Ngobayang II est pour les populations de l’Océan, la capitale du piment. C’est dans ce village que se cultive une bonne quantité de piment consommé au Cameroun et même dans les pays voisins. Des espèces rares comme le piment marron et le pili-pili, ce piment qu’on trouve dans des boîtes de sardine, sont en grande quantité dans les champs.
Bien que la culture du cacao ait une avancée dans l’arrondissement de Lolodorf, le piment, lui aussi, connaît une bonne progression. Si à la délégation départementale de l’Agriculture de l’Océan l’on ne parvient pas à donner les chiffres exacts par rapport à la production annuelle du piment à Ngobayang, on retient des cultivateurs que le village produit des tonnes par an. Et d’après Emmanuel Nkouala, le promoteur de la culture de piment à Lolodorf, une bonne production de piment marron ou de pili-pili fait une vente annuelle de 12 millions de F. « Les gains sont rapides. Après six mois, on peut déjà réaliser quelques projets », dit-il. Les principaux clients viennent du marché du Mfoundi à Yaoundé, des supermarchés et des grands hôtels du Cameroun. On compte aussi quelques particuliers. «Si l’acheteur arrive au champ, un fruit, quelle que soit l’espèce, lui est vendu à 5 F », fait savoir Emmanuel Nkouala. Le gouverneur de la région du Sud s’y est rendu il y a quelques semaines, pour encourager le projet. Depuis quelques années, les jeunes de Lolodorf, de Bipindi et même ceux des périphéries de Kribi se sont lancés dans la culture du piment.
Le piment marron est arrivé au Cameroun en 1994. Emmanuel Nkouala avait alors pris les semences chez un ami européen qui revenait d’Australie. Originaire de Ngobayang, l’homme est allé expérimenter le produit dans son village. Le pili-pili et le piment marron, pour le moment, ne se cultivent que dans huit arrondissements au Cameroun. Et selon des informations recueillies à bonne source, une coopérative équato-guinéenne est en négociation avec Emmanuel Nkouala pour qu’il parte avec son équipe en Guinée équatoriale expérimenter la culture de ce piment qui dit-on, assaisonne bien les sauces.
 

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