« La coopération Sud-Sud est l’avenir »
- Par Lucien BODO
- 29 May 2026 09:33
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Patrice Kouassi Kouamé, maire de Yamoussoukro.
Vous venez de boucler une visite de travail au Cameroun. Visite marquée par une séance de travail avec l’exécutif communal de Sangmelima en vue d’un jumelage avec Yamoussoukro. Quels enseignements tirez-vous de ce séjour ? Le premier enseignement, c’est la confirmation de ce que nous sommes effectivement dans la belle-famille. Nous avons été reçus avec une telle chaleur ! Nous avons eu l’agréable surprise de découvrir à Sangmélima qu’il y a eu plusieurs générations de belles familles finalement, puisque nous avons rencontré une dame qui est professeure de médecine à la retraite maintenant, et qui a 80 ans à peu près. Elle est venue se marier au Cameroun il y a pratiquement 44 ans. Nous étions très heureux de le constater et on était vraiment comme chez nous. Et, c’est ça la fraternité africaine. Nous sommes venus dans le cadre de la coopération Sud-Sud. Je pense que nous ne nous sommes pas trompés quand nous avons fait ce choix parce que cette chaleur-là, nous ne pouvons la trouver qu’en Afrique. Dans le cadre du projet de coopération décentralisée qui vous a conduit ici, pourquoi avoir choisi Sangmelima ? Il s’agit d’une coopération décentralisée Sud-Sud. Nous avons les mêmes problèmes. Nous avons forcément les mêmes solutions. Il suffit de venir voir le voisin pour lui demander quelles solutions vous avez trouvées par rapport à vos problèmes. Et ça vous permet de résoudre les vôtres. Notre collègue, le maire de Sangmelima, a vraiment mis les petits plats dans les grands et nous repartons avec beaucoup de joie au coeur. Nous avons signé un procès-verbal concernant les termes de référence et le chronogramme que nous avons arrêtés pour arriver au jumelage. Il y a des prérequis que nous allons remplir. Et une fois que ce sera fait, nous pourrons procéder à la signature de ce jumelage. Nous nous sommes donné un délai de deux mois pour remplir ces conditions. Nous avons invité également notre collègue et une délégation à nous rendre visite à Yamoussoukro en Côte d'Ivoire. Dans le projet que vous lancez, avez-vous déjà identifié des pistes concrètes? Oui, nous avons identifié les grandes pistes. Nous avons mis en place un comité qui a pour mission justement d’affiner les pistes qui ont été identifiées pour que, dans un délai de deux mois, nous puissions voir concrètement sur quoi le jumelage portera. La plupart du temps, lorsqu’on évoque la coopération décentralisée, c’est souvent entre les villes africaines et celles d’autres continents. Mais, on observe aussi qu’il y a de plus en plus d’initiatives entre cités d’Afrique. Pour vous, que gagneraient les villes des pays du Sud à coopérer davantage entre elles pour promouvoir le développement local ? Quand on envisage la coopération Nord-Sud, c'est principalement pour des raisons financières. Quand on a une commune du Sud qui établit un jumelage, un partenariat avec une commune du Nord, c'est toujours l'argent qu'on recherche à la vérité. Alors qu'il y a quelque chose qui est plus important que l'argent, à mon avis : c'est le partage d'expériences. Parlant de Sangmelima, nous, au niveau de Yamoussoukro, indépendamment des subventions de l'État et de nos ressources propres, nous nous sommes demandé quels moyens on a de pouvoir mobiliser des d’autres types de ressources. Vous avez des financements qui existent au niveau de la Banque africaine de développement, de l’Association internationale des maires francophones, de l’Union européenne et de différents organismes internationaux. Nous avons déjà partagé cette expérience avec la commune de Sangmelima pour leur dire : voilà les niches que vous avez pour pouvoir lever des financements pour vos projets, pour l'autonomisation des femmes, les jeunes, les infrastructures. Ce partage d'expérience, c'est comme si vous donniez de l'argent à quelqu'un, parce que vous lui dites voilà où vous pouvez prendre cet argent. Vous êtes le maire d'une ville historique qui est aussi la capitale politique et administrative de la Côte d’Ivoire. Certains estiment que cette capitale se serait laisséedépasser par d’autres villes ivoiriennes. Comment réagissez-vous à cela? Je ne partage évidemment pas ce point de vue. Yamoussoukro, pour vous donner un exemple, c'est la deuxième ville en termes de réceptacle quotidien en Côte d’Ivoire.Tous ceux qui ont assisté aux matchs de la CAN à Bouaké dormaient à Yamoussoukro parce qu'il n'y avait pas suffisamment d'hôtels à Bouaké pour les accueillir. Nous avons derniè...
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