Université – entreprise:un bon signal

C’est une coopération à applaudir des deuxmains, parce qu’elle ouvre des perspectivesheureuses et prometteuses aux milliers d’étudiants en quête de stages académique et professionnels. Le 3 juin dernier, le ministre d’Etat, ministrede l’Enseignement supérieur, Pr. Jacques Fame Ndondo,a signé trois conventions de partenariat avec troispatronnes d’entreprises publiques : Judith Yah SundayAchidi de CAMTEL, Paule Avomo Assoumou Koki deCCAA et Marie Claire Nnana de la SOPECAM. D’aucunsdiraient que ce n’est qu’une signature de plus. Quenon ! Dans les faits, c’est un signal fort qu’il fautsaluer et transformer en habitude. Il faut l’inscriredans une tradition, au regard du contexte nationalmarqué par le chômage des jeunes, l’inadéquationentre la formation et l’emploi… Pourquoi c’est un bonsignal ? Trop longtemps, l’université et l’entrepriseont vécu dos à dos dans notre pays. Dans les réalitésde tous les jours, on avait d’un côté, des étudiantsou élèves des écoles formés sur des programmesthéoriques, parfois déconnectés du marché de l’emploi.Et de l’autre côté, des entreprises qui recrutent et seplaignent du manque de professionnels prêts à l’emploi. Aujourd’hui, l’espoir est permis de réduire l’écart. Lestrois conventions signéesmercredi dernier, posent unepasserelle concrète entre lesdeux pôles de développement : stages, encadrementde mémoires, accès aux plateaux techniques, immersion au sein des entreprises dès leurs cursus…inscrits dans les cahiers de charges des entreprisesconcernées. Le fait que ce soit trois femmes compétentes et pétries d’expérience à la tête des entreprisestelles que CAMTEL, l’Autorité aéronautique, la SOPECAM, entreprise éditrice de Cameroon Tribune, quiouvrent le bal n’est pas anodin. C’est un signal fort.Elles montrent qu’on peut diriger une entreprise publique et investir dans la formation et la relève. C’estun message à la fois managérial et sociétal. Le vrai défi réside maintenant dans le fait qu’il fautinstituer ou instaurer cela comme une tradition pérenne. Signer une convention est facile. L’ouvrir vraiment aux étudiants, c’est plus exigeant. Aujourd’huiencore, trop d’entreprises gardent leurs portes ferméesaux apprenants pour des raisons diverses. Les motifsrécurrents invoqués par ces grandes unités de production sont la confidentialité (certaines entreprisessont frileuses), le manque de tuteurs, des étudiantsnon opérationnels... Conséquences : des milliers dejeunes terminent leur parcours académique ou professionnel ou même leur master, sans avoir jamaistouché une machine, ou vu l’intérieur d’un service,sans savoir rédiger un rapport de stage qui serve àautre chose qu’à valider un diplôme. La tradition doits’inverser. Au lieu que l’exception de l’accueil d’unstagiaire soit consacrée, la règle doit être l’ouverture.Une entreprise qui n’a pas de stagiaire dans ses services est une entreprise qui ne prépare pas l’avenirde son propre secteur. Les entreprises prêtes à accueillir des étudiants ontl’obligation de respecter les engagements mutuellement pris avec le ministère de l’Enseignement supérieur. Des engagements qui doivent être matérialisésdans les cahiers des charges. Parce que ouvrir lesportes aux apprenants ne suffit pas. Encore faut-ilsavoir pourquoi et comment. Le cahier des chargesde ces partenariats doit être clair, précis et respectépar les deux parties. Les dérives au sein des unitésde production n’étant jamais écartées. Les objectifspédagogiques, la durée de stage, les missions confiées,l’encadrement par un tuteur, l’évaluation… tout doitêtre écrit et bien clarifié dans un document devantservir de boussole. Les étudiants ne sauraient êtreune main d’oeuvre bon marché, ni des coursiers àtout faire pour le compte des employés. Ils ne doiventpas être utilisés à ...

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