Insécurité dans l’Adamaoua: la mise en garde du gouverneur

Kildadi Taguiéké Boukar étant mardi à Martap nouveau fief des enlèvements pour annoncer la risposte.

Deux enfants ont été lâchement assassinés à Martap, il y a quelques jours. Fils d’éleveurs, ils avaient été kidnappés par les bandits qui demandaient des rançons pour leur libération. Comme leurs parents ne se sont pas exécutés, ces innocents ont été abattus par les hors-la-loi. Martap est l’une des huit unités administratives du vaste département de la Vina. La ville, connue pour son gisement de bauxite qui sommeille dans la chaîne de montagnes qu’on aperçoit au loin et qui constitue la limite naturelle avec le village de Minim, dans le Djerem, est également un grand bassin d’élevage de bovins dans la région. L’un des plus importants avec Belel, Banyo et Nyambaka. Cette localité située à 110 Km de Ngaoundéré est un  vaste territoire de plus de 3 000 Km2 enclavé. Pour y aller, il faut au minimum quatre heures de temps. Les malfrats veulent faire de Martap un « Far West », une zone de non-droit. Ils y dictent leur loi. Dans les années 1990-2000, il ne se passait quasiment pas une semaine sans qu’on annonce des attaques de coupeurs de route de ce côté-là. Depuis quelques mois, les malfrats ont changé de mode opératoire. Ils procèdent à des enlèvements de personnes, généralement des enfants de grands bergers préalablement ciblés qui deviennent ensuite des otages. Les malfaiteurs exigent la libération de leurs proies contre de fortes sommes d’argent. 
Ces bandits volent également le bétail, pillent les récoltes. Conséquence, agriculteurs et éleveurs fuient les villages pour se réfugier au centre-ville de Martap ou alors à Ngaoundéré. A cette veille de rentrée scolaire, l’inquiétude plane. Les établissements scolaires sont également ciblés. Tout le tissu économique de la localité est dévasté. Des dizaines des familles, déplacées du fait des exactions des malfrats, ont été présentées au gouverneur. Lundi dernier, accompagné du préfet de la Vina, Justin Mvondo et de son état-major, Kildadi Taguiéké Boukar, a présidé une réunion de crise à la place des fêtes de Martap. Les chefs traditionnels, les forces vives,  les membres des comités de vigilance, sont venus suivre son message délivré sous une pluie battante. Le gouverneur a demandé à la population de collaborer franchement avec les autorités administratives et les forces de maintien de l’ordre en dénonçant les individus suspects. Pour éliminer cette insécurité rampante, un train de mesures a été égrené. Les effectifs des policiers, des gendarmes et des militaires seront renforcés et leurs moyens d’interventions vont être accrus. Les comités de vigilance seront redynamisés. Le gouverneur a demandé aux chefs de village et aux leaders religieux de jouer franc-jeu en dénonçant les suspects. Pour montrer la détermination des pouvoirs publics d’éradiquer ce phénomène, il a remis aux comités de vigilance le matériel de lutte contre ce grand banditisme qui veut saper les efforts de développement de cette localité. 
 

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