Vacances scolaires: Débat sur le partage des charges

Chaque année, des enfants quittent le domicile parental pour passer plusieurs semaines chez des proches. Une pratique qui ne met pas toujours d’accord sur les responsabilités de chacun.

L a question ne se posait presque jamais. Accueillir des neveux, des cousines, les nour­ rir pendant les vacances sco­ laires, sans qu’une compensation fi­ nancière ne soit attendue, et était dans l’ordre des choses. Les familles d’accueil renvoyaient leurs petits hôtes, le moment venu, avec les four­ nitures scolaires, des frais de scolarité, ou des provisions alimentaires. Fabrice Stéphane Messomo, enseignant, se souvient de cette époque où l’entraide primait sur toute autre considération : « nous recevions beaucoup de cousins et de voisins au village parce que leurs parents ne pouvaient pas y aller. Personne ne participait aux charges. En revanche, lorsqu’ils ren­ traient, chaque famille repartait avec des paquets d’arachides, de plantains ou de prunes. Et lorsque nous allions passer les vacances chez nos oncles à Douala, nos parents ne versaient rien. Au retour, nous revenions avec des habits, des chaussures et des colis pour notre mère ». Aujourd’hui, reconnaît-il, les réalités économiques imposent une autre manière de faire. « Si je sais que la personne qui ac­ cueille mes enfants a des difficultés financières, je lui apporte un appui. », explique-t-il. Pour Manuella Tang, étudiante, contri­ buer aux dépenses est avant tout un devoir moral. Lorsqu’elle était enfant, sa mère l’envoyait chez sa tante avec un grand seau de bouillie, des paquets de sucre ainsi qu’une somme d’argent destinée à participer aux besoin...

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