« Nous mettons l’accent sur la prévention »
- Par Sonia OMBOUDOU
- 11 Aug 2026 06:16
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Angèle Ndzié Ntsama, directeur de la Protection civile au ministère de l’Administration territoriale.
Mme le directeur, des risques de catastrophes liées aux fortes pluies sont à craindre au Ca meroun en ce mois d’août d’après les der nières prévisions et alertes de l’Observatoire national sur les changements climatiques. Comment la riposte s’organise-t-elle à votre niveau pour limiter les dégâts causés aux po pulations et aux cultures ? Les derniers évènements enregistrés à Kumba et à Limbé prouvent que les risques évoqués dans les prévisions et alertes de l’Observatoire national sur les changements climatiques sont déjà en train de se manifester. Aujourd’hui, l’on craint plutôt que les phénomènes évoqués ne s’étendent à d’autres ré gions et que l’intensité des dégâts n’aille croissante. En termes de riposte, il convient de relever que le ministère de l’Administration territoriale (Minat) dans son programme dédié au « développement du dispositif national de protection civile », met un ac cent particulier sur la prévention des risques et la préparation des acteurs. De manière concrète la loi n°2024/015 du 23 décembre 2024 régissant la protection civile au Cameroun prescrit que chaque région, département et arrondissement soit doté d’un Plan de réponse. A ce jour, 30 départements sur les 58 que compte le Cameroun disposent déjà d’un Plan de réponse multirisque. Ces plans de ré ponse visent entre autres à identifier les risques, renforcer les capacités des acteurs, anticiper sur les évènements qui pourraient survenir, organiser les secours et sensibiliser les populations sur les me sures de sauvegarde et les actions anticipatoires à mettre en place. De manière pratique, la riposte se situe à trois niveaux. D’abord, la prévention et la sensibilisation des autorités administratives à partir des bulletins de prévision et d’alerte de l’ONACC et de la Direction de la météorologie nationale du mi nistère des Transports. Ensuite, la préparation à tra vers le renforcement des capacités des acteurs, l’or ganisation des exercices de simulation, le pré-positionnement des denrées et kits de premiers secours. Enfin, la réponse qui porte sur l’identifica tion des victimes, l’évaluation des besoins et l’as sistance humanitaire aux sinistrés. Le dispositif actuel de prévention et de ges tion des catastrophes est-il fiable ? Il serait prétentieux de penser que le dispositif ac tuel de prévention et de gestion des catastrophes soit en mesure de faire face à toutes les menaces ; même les pays les plus développés ne sont pas en mesure de prévoir avec précision, ni l’intensité, ni l’ampleur d’une catastrophe. C’est pour cette raison que nous mettons l’accent sur la prévention, le ren forcement des mécanismes d’alerte et des actions anticipatoires au niveau local. La Protection civile qui est transversale implique plusieurs acteurs re levant de plusieurs secteurs avec chacun une orga nisation propre. A titre d’exemple nous pouvons ci ter les équipes opérationnelles de secours, la santé, l’environnement, l’énergie, les transports, les tra vaux publics…qui disposent chacun des moyens de prévention et d’intervention spécifiques ; l’on peut évoquer dans ce registre, le Centre des opérations d’urgence de santé publique, le Centre des opéra tions de santé animales. D’où l’impératif de l’opti misation de la coordination des activités de gestion des risques de catastrophes. La communication est aussi un facteur fondamental dans la gestion des risques de catastrophes de manière générale. C’est pour nous l’occasion d’inviter les médias publics et privés, à accompagner le gouvernement dans son action de sensibilisation des populations sur les dif férents risques et les mesures adéquates pour évi ter les catastrophes. Ceci afin que s’installe une vé ritable culture de protection civile. Y a-t-il des mécanismes mis en œuvre pour corriger les insuffisances constatées dans ce dispositif pour ne plus être surpris par ces ca tastrophes pourtant prévisibles ? Avant 2024, nous n’avions que deux outils de pla nification de la gestion des risques de catastrophes, à savoir le Plan national de contingence au niveau national et le Plan d’organisation des secours (Plans ORSEC) à l’échelle départementale. A la faveur de la loi N°2024/015 du 23 décembre 2024 régissant la protection civile au Cameroun, il y a une évolution de l’architecture des plans de réponse avec l’inté gration des Plans de prévention des risques dans les communes et des plans régionaux de contin gence dans les régions. Ce qui témoigne du souci constant du gouvernement de préserver les ci toyens et leurs biens. Il convient également de re lever que le Conseil national de protection civile est chargé d’évaluer le profil des risques à l’échelle na tional, édict...
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