Coopération BAD-Cameroun: la quête de performance

Les gérants des projets financés par l’institution panafricaine se sont réunis mercredi à Bertoua pour réfléchir à plus d’efficacité dans l’exécution desdits chantiers

 

«Si la performance augmente, si le taux de décaissement augmente, la performance du portefeuille est importante tant pour le Cameroun que pour nous parce qu’elle permet de mobiliser encore beaucoup plus de ressources au niveau du Cameroun et cela pour le bien-être de la population en vue de réduire la pauvreté ». C’est le cap fixé par Racine Kane, représentant-résident de la Banque africaine de développement (BAD) au Cameroun, hier à Bertoua. Il ouvrait alors la 40è revue trimestrielle des agences d’exécution des projets financés par son institution dans notre pays.
Des chantiers où l’on retrouve entre autres des projets très connus : Assainissement de Yaoundé, Yard pétrolier de Limbé, barrage et usine de pieds de Lom-Pangar... et d’autres projets aux abréviations exotiques : PEMVEP, PAMOCCA, PAHLP, PRERETD, etc. Mais dans le fonds, les griefs demeurent les mêmes dans leur réalisation depuis quelques années. « Le démarrage tardif des projets, la faible mobilisation des fonds de contrepartie par le Cameroun et les longs délais de passation des marchés », selon Racine Kane. D’où la tenue fréquente de ce type d’échanges afin d’évaluer et corriger ce qu’il y a lieu. Le mercredi 19 avril 2017, la cinquantaine de participants se sont rendus à Lom-Pangar pour apprécier le niveau d’exécution par Electricity Development Corporation de la construction de l’usine de production d’électricité et de la ligne de transport de cette énergie.
 

 Racine Kane: « Le dialogue continue avec le gouvernement pour lever les difficultés »

Représentant-résident de la BAD au Cameroun

Y a-t-il des points de satisfaction dans la relation BAD-Cameroun ?


On peut dire oui. Au bout de quatre ans, nous avons multiplié par quatre le portefeuille de la BAD au Cameroun. Celui-ci s’élève à plus d’un milliard de dollars, soit plus de 680 milliards F en termes d’engagements et d’appuis. Ce portefeuille se concentre essentiellement sur les infrastructures, notamment le transport mais également l’énergie. Nous intervenons aussi dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. Par exemple, nous sommes en train de finaliser la phase II du projet d’assainissement de la ville de Yaoundé, en d’autres termes, le grand canal sur le Mfoundi. Nous avons par ailleurs des interventions dans le secteur agricole, notamment le développement des chaînes de valeur. Ce sont donc ces points qui confirment la vitalité du partenariat entre le Cameroun et le Groupe de la BAD. Ce partenariat se manifeste par une confiance de plus en plus accrue des partenaires techniques et financiers (PTF) à la mise en œuvre du programme de développement du Cameroun. Ceci a abouti à la graduation du  Cameroun depuis juin 2014, c’est-à-dire que le pays peut prendre de l’argent au niveau de tous les guichets de la BAD.


Mais pourquoi note-t-on autant de difficultés dans l’exécution des  projets que vous financez?


A notre niveau, la problématique principale réside au niveau de l’exécution des projets et non de la disponibilité des ressources. Nous réaffirmons notre engagement à vouloir renforcer notre coopération avec le Cameroun conformément aux objectifs du Document de stratégie pour la croissance et l’emploi (DSCE). Les difficultés auxquelles vous faites allusion sont liées entre autres aux démarrages tardifs des projets, mais surtout à la mobilisation tardive des fonds de contrepartie et la problématique de la passation des marchés.


Et comment les résolvez-vous ?


Ces problèmes sont connus. Ils sont partagés par l’ensemble des PTF. Nous sommes en relation avec le gouvernement dans le cadre d’un dialogue continu pour lever ces difficultés. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle une fois par trimestre nous organisons ces revues pour voir les goulots d’étranglement à l’exécution du portefeuille et en améliorer la performance. En plus de ces revues trimestrielles, nous tenons chaque mois une réunion avec le ministère du Plan et les cellules d’exécution à Yaoundé pour voir comment améliorer l’exécution de nos projets.

 

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