Rentrée inclusive: Ce côté humain…
- Par Marie Christine
- 09 Sep 2026 13:09
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Marc-Philippe A., 5 ans, Autiste, fait sa première rentrée sous les yeux émus de ses parents à cheval entre appréhension et immense espoir.
I l est 8h05 au Complexe éducatif inclusif Stéphane Mbia au quartier Obam Ongola. Marc-Philippe A., 5 ans, est assis au fond de la classe (Nursery one). Il n’a pas fui, il n’a pas crié. Il aligne ses crayons bleus, l’un après l’autre, parfaitement concentré. Derrière la vitre de la classe, sa mère, Christelle A., pleure en silence. Son fils, autiste léger, vient de faire sa première rentrée scolaire. C’est peu pour le monde, immense pour eux. Tout a commencé à 6h15 dans leur deux-pièces. Marc-Philippe n’a pas dormi. Depuis l’aube, il aligne ses pe tites voitures bleues sur le tapis du salon, toujours dans le même ordre, toujours le bleu devant. Pas question de le brusquer. Christelle a préparé cette matinée depuis trois semaines. L’uniforme a été acheté un mois avant, laissé à portée de main pour qu’il le touche, le sente, l’apprivoise 10 minutes par jour. Le cartable a été choisi avec soin : léger, sans fer meture éclair métallique qui crisse, sans tissu qui gratte. Vide, il pèse moins qu’un cahier. A 7h00, le départ. Le père, Timothée A, porte le cartable comme une relique. La mère tient la main de Marc-Philippe sans la serrer. Dans le taxi, chaque klaxon est une décharge électrique. Marc-Philippe plaque ses mains sur ses oreilles, se balance d’avant en arrière. Christelle ne dit pas « calme- toi ». Elle fredonne, tout bas, toujours la même comptine en boucle, celle qui l’apaise depuis qu’il a deux ans. Le père, lui, a la boule au ventre. « On a visité l’école quatre fois en août. Le portail, le couloir, les toilettes. On connaît. Mais on a peur du bruit, de la foule, du regard des autres parents. On ne demande pas un miracle, juste qu’on lui laisse sa chance », souffle- t-il. 7h28, devant le portail de l’école. Le vacarme habituel de la rentrée : cris, sifflets, vendeuses de beignets, motos. Le directeur, Roger Ekwa Agbor, est là. Il les attend, debout, au milieu de la cohue. Pas dans son bureau. Il tient sa promesse de juillet : un coin calme au fond de la classe, près de la fen&ecir...
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