Habitat: A chacun son toit
- Par Marie Christine
- 28 Sep 2026 19:29
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La Semaine nationale de l’habitat entamée ce lundi, donne l’occasion de se poser une question essentielle : où vivons-nous vraiment ?
7 h ce vendredi matin, 25 septembre 2026. Une forte pluie s’abat sur Yaoundé. Au quar tier Bastos, elle claque sur le bitume et s’engouffre dans les caniveaux. Les voitures pas sent, les boutiques ouvrent. L’odeur est celle du goudron mouillé. C’est la ville pensée, la ville tracée, celle où les ser vitudes de six mètres au moins sont respectées. Et chaque parcelle a son titre foncier. L’eau bien drainée s’écoule sans faire de dégâts. Un peu comme au centre-ville ou à la Cité Verte. À quelques kilomètres de là, le décor change brutalement. À Olembe, le goudron s’inter rompt par endroits. La latérite prend le relais, rouge, collante. Des motos s’enlisent. La boue colle aux bottes. Ici s’étend la nouvelle périphérie, celle des lotissements récents où l’on a voulu bien faire. Les maisons modernes sont alignées, les clôtures laissent entrevoir un passage. Mais les caniveaux s’arrêtent à mi-chemin. Devant un chantier, un homme en tee- shirt trempé creuse à la pelle pour détourner l’eau qui entre dans son salon : « On a laissé la route, mais personne n’est venu faire les caniveaux », dit-il. Plus loin, des enfants en uniforme sautent par-dessus des flaques devenues des mares, cartables sur la tête. Une femme porte son enfant au dos pour atteindre la route principale. L’accès, premier cri tère de la ville durable, se mé rite à chaque pluie. C’est ainsi dans d’autres quartiers péri phériques comme Odza, Nyom ou Mimboman « Village ». À 9h30, la descente vers Etam Bafia marque la rupture. L’odeur prend à la gorge avant même la vue : âcre, mélange de plastique, d’épluchures et d’eau croupie. Le Mfoundi a débordé. Le bruit n’est plus celui de la pluie sur les tôles, mais le gargouillis des rigoles à ciel ouvert qui vomissent leur contenu. Bouteilles, sa chets, eaux noires, tout re monte et s’infiltre dans les ha bitations en planches construites à même le lit du marécage. Les constructions sont anarchiques, les murs se touchent, aucune servitude n’est visible. Dans une pièce de trois mètres carrés, un ma telas tremp...
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