Mobilier made in Cameroon: Le boom des showrooms

Dans les différents quartiers de la ville de Yaoundé, ces espaces se multiplient pour répondre à la demande de clients de plus en plus exigeants et amoureux de produits de luxe. Objectif : capter un marché de plus de 120 milliards de F.

«E ntrez et prenez place ! Faites comme chez vous ! ». Cette célèbre formule d’accueil, Stanley Njekoh, menuisier, n’en a véritablement pas besoin. Le décor « New look » de l’espace moderne de vente de meu­ bles situé en face de la Base aé­ rienne 101 dont il est le propriétaire, est relevé par les meubles étince­ lants qu’on y trouve en ce début de mois de juillet 2026. Fauteuils, ca­ napés de deux, trois voire cinq places, salon Louis XIV, dans un mé­ lange de senteurs de bois raffiné inondant la salle ne laissent per­ sonne indifférent. Toutes les me­ sures de sécurité sont également prises pour parer à d’éventuels cas d’incendie. Dans les différents coins, sont installés des extincteurs prêts à l’usage. A ce décor, s’ajoute la baie vitrée qui, de l’extérieur, offre une vue imprenable de l’espace. Des showrooms se multiplient dans la ville de Yaoundé. Le choix de l’em­ placement répond à une stratégie pensée à l’avance. « Avec une bou­ tique située en bordure de route, on a toujours des chances d’avoir plus de clients », confie Stanley Njekoh. Les faits lui donnent raison. « Les clients arrivent chaque jour à bonne fréquence. Ils apprécient nos pro­ duits et, pour certains, promettent de revenir ; tandis que d’autres em­ portent immédiatement leurs sa­ lons», ajoute-t-il. Pour satisfaire une clientèle de plus en plus exigeante, ce menuisier a fait le choix d’aména­ ger au bas de son espace de vente, son unité de production où travail­ lent 20 ouvriers. « C’est plus facile ainsi. Quand je prends une com­ mande, je la répercute immédiate­ ment à mes collaborateurs qui l’exé­ cutent », soutient-il. Le rythme de production est soutenu. « Je produis en moyenne 25 salons par mois, voire plus en fonction des com­ mandes et de la disponibilité du bois », indique-t-il. Le long de l’axe menant au CFTA- Ekounou, au lieu-dit deux chevaux dans l’arrondissement de Yaoundé IV, aucun détail n’est mis de côté pour aguicher, de jour comme de nuit. Pour des clients qui passent par là en journée, la violence des rayons de soleil n’a aucun effet. La climati­ sation et le bon parfum adoucissant accueillent et facilitent les échanges avec le patron des lieux. « Nous sommes au 21e siècle et les choses se développent, y compris dans no­ tre secteur. Les clients aiment de plus en plus le luxe, ce qui est bon, même si les moyens ne suivent pas toujours. De notre côté, on se doit de tout faire pour les satisfaire. Quand un client doit attendre qu’un véhi­ cule vienne transporter son salon, il doit être à l’aise. C’est pour cette rai­ son que nous avons installé un cli­ matiseur. Nous offrons parfois une boisson rafraîchissante. Tout cela met le client en confiance et il dé­ pense sans trop réfléchir », explique Ghislain Dchaha, tapissier moderne, propriétaire d’un showroom à Vallée deux chevaux. A la nuit tombée, ces espaces brillent de mille feux, grâce aux jeux de lumière et autres effets lumineux qui y sont installés. « Nous mettons le paquet pour marquer les esprits et attirer le maximum de clients. Quand il y a tous ces élé­ ments attractifs, le client va tout au moins entrer pour visiter. C’est déjà quelque chose de gagnée », détaille Ghislain Dchaha. Tout à côté, le showroom d’Arnold Thiwou affiche ses ambitions. Il n’a pas fait l’économie des mots et le nom choisi pour son espace en dit long : « Révolution meubles by Ar­ nold Décor », peut-on lire sur la plaque installée au fronton de son showroom qui s’impose même de par son architecture. Cette révolu­ tion se traduit par la taille de son es­ pace, un R+2 construit en bois et constitué d’une unité de production au sous-sol et de deux espaces d’e...

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