Une aventure ambiguë

Il n’existe pas de loi qui interdise à un militant de quitter une famille politique pour en rejoindre une autre. Qu’il s’agisse d’un illustre anonyme ou d’un cadre de parti. Ici, aucune contrainte. Chacun dispose de sa liberté en la matière et en jouit comme il l’entend. La décision de s’engager pour une formation politique, d’y militer en défendant son idéologie et son programme, et de le représenter lors des consul­ tations électorales demeure par ailleurs et avant tout une aventure personnelle. Les ambitions, même si on n’évoque pas beaucoup cet aspect, sont tout aussi personnelles. Il peut s’agir d’occuper une fonction au sein du parti ou de briguer un mandat électif dans un Conseil municipal, un Conseil régional, à l’Assemblée nationale ou au Sénat. Pour autant, l’engagement politique impose aussi des responsabilités aussi bien vis-à-vis du parti, que des autres militants et des électeurs. Dans un environne­ ment où il persiste un certain désintérêt, voire de la méfiance, vis-à-vis de la chose politique, l’instabilité des acteurs et le peu de lisibilité sur les actes qu’ils posent et les décisions qu’ils prennent peuvent renforcer le scepticisme et même un sentiment de suspicion. Le public cherche en effet à comprendre les motivations derrière le nomadisme observé. Il cherche aussi à trouver de la cohérence dans ce qu’il voit et entend. Pourquoi quitter un parti qui promeut telle valeur pour s’encarter dans telle autre qui défend une idéologie différente, parfois même tout à fait l’opposé de celle qu’on a toujours ...

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