Université de Yaoundé II-Soa: La fabrique des patrons

L’établissement affiche sa révolution : apprendre à créer son emploi. Reportage au cœur d’un campus qui a transformé la professionnalisation en doctrine.

J eudi 24 septembre 2026, Uni­ versité de Yaoundé II. Dès le por­ tail, le ton est donné. Musique assourdissante, associations d’étudiants de la Faculté des Sciences juridiques et politiques, et de la Faculté des Sciences écono­ miques et de gestion qui haranguent les bacheliers. Mais au-delà du folklore de rentrée, une autre musique : celle de l’employabilité. Dans un amphi à l’intérieur du campus, des conseillers d’orientation jouent les aiguilleurs. Mohammed Danladi Lulu donne l’in­ formation collective, puis chaque nouveau bachelier est reçu indivi­ duellement. L’objectif n’est plus seu­ lement de choisir une filière, mais un débouché. « Nous leur disons clairement que l’Etat ne peut pas employer tout le monde. Il faut déjà nourrir l’esprit d’entreprise », explique Ignace Essono, chef du service de l’orientation professionnelle à l’UY II. Ici, on ne vend plus du rêve, on prévient : avec un baccalauréat A et une mauvaise note en mathéma­ tiques, les sciences économiques se­ ront un enfer. On propose alors des cours de remises à niveau. La preuve que ça marche ? Elle est dehors. « La plupart des petits commerces ou­ verts autour de l’université appar­ tiennent à nos étudiants », glisse le responsable. Ce sont les premiers étudiants-entrepreneurs. La professionnalisation à Yaoundé II n’est plus un slogan, c’est une archi­ tecture à trois voies, comme le sou­ ligne le Pr. Ntono Tsimi, conseiller technique du recteur. Première voie, la plus visible : la professionnalisation pédagogique. Des licences profes­ sionnelles en Comptabilité-Contrôle- Audit, en Logistique et Transport, en Marketing, en Entrepreneuriat. Des masters professionnels. Et surtout, des unités d’enseignement transver­ sales et obligatoires : techniques de création d’entreprise, gestion de projet. On n’apprend plus seulement le droit, on apprend à en vivre. Deuxième voie : les incubateurs. L’uni­ versité en compte trois. Le Centre d’études et de recherche en économie et gestion (CEREG), né d’une conven­ tion avec le minis...

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