Université de Yaoundé II-Soa: La fabrique des patrons
- Par Marie Christine
- 02 Oct 2026 07:44
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L’établissement affiche sa révolution : apprendre à créer son emploi. Reportage au cœur d’un campus qui a transformé la professionnalisation en doctrine.
J eudi 24 septembre 2026, Uni versité de Yaoundé II. Dès le por tail, le ton est donné. Musique assourdissante, associations d’étudiants de la Faculté des Sciences juridiques et politiques, et de la Faculté des Sciences écono miques et de gestion qui haranguent les bacheliers. Mais au-delà du folklore de rentrée, une autre musique : celle de l’employabilité. Dans un amphi à l’intérieur du campus, des conseillers d’orientation jouent les aiguilleurs. Mohammed Danladi Lulu donne l’in formation collective, puis chaque nouveau bachelier est reçu indivi duellement. L’objectif n’est plus seu lement de choisir une filière, mais un débouché. « Nous leur disons clairement que l’Etat ne peut pas employer tout le monde. Il faut déjà nourrir l’esprit d’entreprise », explique Ignace Essono, chef du service de l’orientation professionnelle à l’UY II. Ici, on ne vend plus du rêve, on prévient : avec un baccalauréat A et une mauvaise note en mathéma tiques, les sciences économiques se ront un enfer. On propose alors des cours de remises à niveau. La preuve que ça marche ? Elle est dehors. « La plupart des petits commerces ou verts autour de l’université appar tiennent à nos étudiants », glisse le responsable. Ce sont les premiers étudiants-entrepreneurs. La professionnalisation à Yaoundé II n’est plus un slogan, c’est une archi tecture à trois voies, comme le sou ligne le Pr. Ntono Tsimi, conseiller technique du recteur. Première voie, la plus visible : la professionnalisation pédagogique. Des licences profes sionnelles en Comptabilité-Contrôle- Audit, en Logistique et Transport, en Marketing, en Entrepreneuriat. Des masters professionnels. Et surtout, des unités d’enseignement transver sales et obligatoires : techniques de création d’entreprise, gestion de projet. On n’apprend plus seulement le droit, on apprend à en vivre. Deuxième voie : les incubateurs. L’uni versité en compte trois. Le Centre d’études et de recherche en économie et gestion (CEREG), né d’une conven tion avec le minis...
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