Centre d’instruction médicale: Un monument de la santé

Fondée en juin 1932, l’institution a été le berceau des premiers professionnels de santé locaux, appelés « médecins indigènes ».

L e fleuve Nyong coule, immuable, au pied de la colline. Mais ici, au sommet, le temps semble s'être figé. À un peu plus de 130 kilomètres à l'Est de Yaoundé, les bâtiments de l’actuel Hôpital régional annexe d'Ayos ob­ servent le visiteur avec la solennité des vieux sages. Pour qui sait écouter, ces murs murmurent les balbutiements de la médecine moderne en Afrique centrale. C’est ici qu’en août 1932, sous les arbres anthropomorphiques de la co­ lonie, le docteur Montalieu dispensait les pre­ miers cours en plein air à des jeunes Camerou­ nais. Le Centre d’instruction médicale d’Ayos venait de naître. Porté par le mythique médecin Eugène Jamot, ce centre d'élite avait une mission titanesque : lever une armée d'infirmiers et d'aides de santé capables de terrasser l'épi­ démie dévastatrice de la maladie du sommeil. Parmi les rangs serrés de ces pionniers, un certain Charles Assalé, futur Premier ministre du Cameroun, sortira major de la promotion 1934. Pendant deux décennies, Ayos a incarné l'ex­ cellence. Pourtant, le...

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