Ayissi Le Duc: la danse, tout un art

 Le célèbre danseur et chorégraphe a toujours le rythme dans la peau, après 35 ans de carrière

 

35ans à danser, et sa vigueur reste impressionnante. Demain 29 avril, Ayissi Le Duc, né Luc Séraphin Fouda Ayissi, aura 55 ans d’âge et 35 ans de carrière. L’événement sera célébré au Musée national de Yaoundé, avec des spectacles et des cours de danse pour tout amateur disponible ce samedi. Dans la peau d’un patriarche béti, Ayissi Le Duc est porté par le devoir de transmission des valeurs traditionnelles d’une âme à une autre. Et c’est dans cette lancée qu’il se consacre à la fondation Otitié (étoile). Il y inculque les concepts du patrimoine, entre langues maternelles, chants et danses ancestrales. Cette passion de la danse depuis la petite enfance, rappelle son parcours. Lui, prodige, placé sous les feux de la rampe dès l’âge de 9 ans par son grand-père maternel. Un soir de 1970, autour d’un grand feu de bois sous la pleine lune, il découvre l’euphorie de la danse et des ovations du public, pendant un moment de réjouissances au village des Mvog-Fouda, à Nomayos, région du Centre.
C’est encore son grand-père maternel qui convainc Jean Baptiste Ayissi Ntsama, le célèbre boxeur et père d’Ayissi Le Duc, de le laisser poursuivre ses rêves de danse, quand il veut arrêter ses études alors qu’il est inscrit au Collège missionnaire Obam-Ongola à Ahala. La liberté de danser acquise, Ayissi Le Duc est sollicité par nombre de groupes de danse de quartiers et même de partis politiques. En 1975, il rentre au Ballet national. « J’ai été recruté sans faire de casting, car le jury a dit que ça ne valait pas la peine de me mettre à l’épreuve », se souvient-il. Pendant cinq ans, il illumine le ballet national par ses pas de danse et ses chorégraphies emplies de tradition. Il y rencontre Ali Baba, une des légendes de la danse et de la musique camerounaise. En 1980, il intègre le groupe d’Ali Baba, et s’envole d’une tournée à une autre. Sa mère, Julienne Ayissi s’implique plus tard dans sa carrière, en organisant des séries de spectacles à travers le pays.
Il dansera même sur la scène de l’Abbia à Yaoundé durant un grand concert de Prince Nico Mbarga, un proche. Les plus grandes vedettes de la musique camerounaise se l’arrachent : Tokoto Ashanti, Ngallè Jojo, Marthe Zambo, Anne Marie Nzié, Betti Betti, Axel Mouna, Nkotti François, Toto Guillaume, René Zogo, etc. En 1982, l’aîné de la fratrie des neuf enfants Ayissi monte son propre groupe de danse, par lequel passera sa sœur Chantal et son frère Imane. Tous les pas des 10 provinces (à l’époque) du pays n’ont pas de secret pour lui. Il devient même « l’homme à la calebasse » pour avoir réalisé avec brio une danse bororo. Ayissi Le Duc sera même le danseur attitré du « Club Manu Dibango ». Il recevra des distinctions pour saluer son talent, en France comme au Cameroun.
 

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