Stade d’Olembé: le terrassement du site bouclé

L’entreprise italienne, installée depuis plus d’un an, a déjà achevé le terrassement du site de 320 000 m2.

Il faut emprunter la desserte des logements sociaux d’Olembé, à la périphérie de Yaoundé, pour accéder au chantier de construction du futur stade de football. Actuellement, il n’y a pas encore grand-chose à voir sur le site. Sinon, une vaste étendue de terre nue, avec des balises d’orientation faites de piquets et de bandes rouges et blanches. Au loin, l’on entend et aperçoit un engin en pleine activité. Quelques camions chargés de terre vont et viennent sur le site avant de s’immobiliser l’un après l’autre. En ce jeudi particulièrement ensoleillé, l’horloge sonne 13h, le temps de la pause. La cinquantaine d’ouvriers du chantier se regroupe autour du seul arbre visible ici, pour se restaurer. Les chefs, quant à eux replient à la base vie de l’entreprise italienne Piccini, en charge de la construction du stade d’Olembé. Une infrastructure d’une capacité de 60 000 places, en plus de deux stades d’entrainement, un gymnase et de nombreuses autres infrastructures annoncées. Les financements, 199 milliards de F, sont bouclés, mais les travaux de construction tardent à démarrer.
Sur le terrain ce jeudi, l’équipe de CT tombe sur Sam Thamin, directeur général du projet pour le compte de Piccini Construction. Il est là pour une réunion de coordination. Au terme du huis clos avec ses collaborateurs, c’est un homme visiblement agacé qui consent à nous accorder quelques explications. Selon lui, « l’entreprise est en activité ici depuis mars 2016. Ça fait un an de perdu, à cause de diverses tracasseries et lenteurs administratives. Mais nous restons positifs. Nous avons confiance au Cameroun, surtout que nous savons que la construction du stade d’Olembé est un projet cher au pays ». Sam Thamin assure que son entreprise va faire tout pour livrer le stade principal à date. « Ça suppose que l’on importe des pièces préfabriquées à installer directement sur le site, au lieu de tout construire sur place. Il va également falloir louer des bateaux pour tout acheminer au Cameroun. Bref, on fera le nécessaire pour rattraper les délais qui sont impératifs », indique le DG.
En effet, si le stade d’Olembé doit abriter des matchs de la CAN 2019, qui se joue dès janvier, l’infrastructure doit obligatoirement être achevée trois mois avant, c’est-à-dire en septembre 2018, selon les exigences de la CAF. C’est pourquoi, en attendant que les questions techniques et financières soient réglées, l’entreprise a procédé au déforestage du site de 320 000 m2, équivalent à environ 15 kilomètres de route. Elle est en train d’achever avec les remblais. Parallèlement, « nous travaillons sur le plan de construction et les études de fondations, sans lesquels on ne peut pas démarrer la réalisation des structures, dont la plupart des pièces vont être fabriquées à l’extérieur. C’est la seule solution pour respecter les délais de 15 mois qui restent avant l’inspection de la CAF », précise Sam Thamin.
 

Interview: 

 Paul B. Bell:  « L’objectif est de rattraper le temps perdu »

Sous-directeur des infrastructures et des équipements sportifs (MINSEP)

Pourquoi la construction du stade d’Olembé n’a toujours pas débuté ?
En principe, les travaux commencer incessamment, puisque nous sommes à la dernière phase de validation des études. On ne peut pas commencer les travaux d’une telle envergure sans qu’on ait des études validées par la commission ministérielle mise en place à cet effet. En réalité, toutes les études n’ont pas été bouclées. Actuellement, nous avons déjà validé l’avant-projet sommaire et l’avant-projet détaillé. Nous sommes à la validation du projet d’exécution des ouvrages. Nous avons demandé à l’entreprise de nous produire ce document-là de manière graduée, parce qu’il est très volumineux. L’objectif étant de rattraper le temps perdu. Donc, les études portant sur les fondations sont en cours de validation et les travaux devront suivre immédiatement après.
Concrètement, qu’est-ce qui explique les retards dans la validation des études ?
Le retard global est de plusieurs ordres. Les marchés ont été signés en décembre 2015 et la première étude déposée vers mars 2016. La commission de suivi du dossier technique qui a été mise en place n’avait pas de financement. Les membres ont néanmoins commencé les travaux autour de novembre 2016. Ce qui explique que les premières validations tombent vers décembre 2016. Ce qu’il faut savoir en réalité, c’est que le projet pour la construction du stade d’Olembé tout comme celui de Japoma sont en mode conception et réalisation. C’est-à-dire que c’est l’entreprise elle-même qui fait les études, conçoit son ouvrage et le présente à la partie camerounaise. Celle-ci fait des observations en cas de besoin. L’entreprise va les corriger et revoie sa copie. Elle vient présenter ces corrections à une assise de la même commission. Apres quoi, si tout est bon, on valide, puis on passe à l’étape suivante. Il y a au total trois études volumineuses à analyser, amender, corriger et valider par différents acteurs : des ingénieurs, des sapeurs-pompiers, la police, les environnementalistes, etc. Car un stade de 60 000 places n’est pas un ouvrage commun.
Quid de la mobilisation des fonds ?
C’est une autre affaire. Elle relève du ministère des Finances et celui en charge de l’Economie. A la banque italienne Intesa Sanpaolo qui finance à 85% le projet d’Olembé, les financements sont prêts et disponibles. La contrepartie camerounaise est aussi prête et disponible. Cependant, pour décaisser ces fonds, il y a des préalables à remplir. L’entreprise Piccini a demandé les avances de démarrage qui ont été payées. Les phases d’études dont nous avons parlé plus haut ont été déjà payées. Mais le temps de payement en appelle aux décomptes et autres procédures, ce qui prend en général un peu de temps.
Compte-tenu du retard, le stade d’Olembé sera-t-il prêt pour la CAN 2019 ?
Voyez-vous, le gros œuvre est fait de béton. C’est ce qui constitue la grosse partie porteuse des gradins. On peut le couler sur place, ce qui va prendre du temps. On peut également faire des préfabriqués qu’on viendra agencer sur place. Avec Piccini, nous avons convenu qu’une bonne partie des pièces sera préfabriquée au Cameroun et en Italie. Ca va lui coûter plus cher mais c’est la seule option pour rattraper le temps perdu. Et plus besoin de renégocier avec les bailleurs de fonds. Piccini a pris sur lui de faire les préfabriqués en Italie. Le marché signé en décembre 2015 est de 199 milliards de F. De toute façon, nous n’avons pas, à notre niveau au Cameroun, de fonds supplémentaires à rajouter.

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