Alimentation patrimoniale des Africains: un programme pour valoriser les mets locaux

Le projet a été lancé par le CERDOTOLA lors d’un atelier le 24 mai dernier à Yaoundé

 

D’après le Pr. Charles Binam Bikoï, secrétaire exécutif du Centre international de recherche et de documentation sur les traditions et langues africaines (CERDOTOLA), une étude menée par la Banque africaine de développement il y a trois mois indique que l’Afrique importe chaque année entre 35 et 40 milliards de dollars (environ 20 000 milliards de FCFA) de produits alimentaires qu’elle ne produit pas. A l’instar du saucisson, du fromage et du jambon. « C’est donc pour prendre conscience, sensibiliser et mobiliser les énergies, que le CERDOTOLA a pensé qu’il ne peut pas y avoir de véritables émergences pour des peuples et d’industrialisation de l’Afrique sans prise en compte de la réalité de l’aspect alimentaire », a confié le Pr. Charles Binam Bikoï.
Fort de ce constat, un programme dénommé Alimentation patrimoniale des Africains (ALIPA) vient de voir le jour pour promouvoir et valoriser la cuisine africaine. Le lancement officiel de ce nouveau projet a eu lieu le 24 mai dernier à Yaoundé. C’était au cours d’un atelier international présidé par Clémentine Ananga Messina, ministre déléguée auprès du ministre de l’Agriculture et du Développement rural, chargée du Développement rural, représentant le ministre. En présence du Pr. Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Arts et de la Culture. Ledit programme a pour but d’inventorier des savoirs et savoir-faire des aliments et produits agricoles traditionnels locaux, dans le but de conserver les pratiques locales, de réguler l’utilisation qui en est faite et de les valoriser.
Pour Clémentine Ananga Messina, en mettant en avant les produits de nos terroirs dans l’alimentation en Afrique, comme le « Ndolè », le « Koki », le « Mbongo », le « Njapche » ou l’ « Eru », « nous pouvons valablement tutoyer les autres modes d’alimentation patrimoniaux mondiaux et sortir de la pauvreté, créer de la richesse et être émergents. Pour cela, il faut un certain nombre de choses et reconnaître particulièrement le rôle de la femme dans l’alimentation qui est le premier médicament qui permet à nos populations d’assurer la sécurité alimentaire et la souveraineté alimentaire », a-t-elle indiqué. L’atelier qui prend fin ce jour est axé sur quatre sessions et permettra d’échanger des expériences autour de la diversité des modèles d’alimentation d’Afrique et des techniques nutritionnelles entre autres.

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