Décès de Mgr Bala: les évêques invitent à la prière

 Appel lancé vendredi dernier après la découverte du corps de l’évêque de Bafia et son transfert à la morgue de l’hôpital général de Yaoundé

 

La nouvelle s’est vite rependue et la population a accouru. La sirène qui résonne de loin et qui conduit un grand cortège de personnalités vers l’hôpital général de Yaoundé s’arrête net à la morgue. Le corps de Mgr Jean Marie Benoît Bala est là. Pour l’accueillir, Jean-Baptiste Bokam, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Défense, chargé de la gendarmerie. En cette mi-journée, contrairement à l’ordinaire des vendredis en ces lieux, la morgue est relativement vide. Le monde qui accourt vient pour Mgr Bala. Sa dépouille est transportée dans un véhicule des sapeurs-pompiers. Au volant, le lieutenant-colonel, Dr Léonard Francis Ekosso, commandant du 10e groupement des sapeurs-pompiers. La dépouille de l’évêque est emballée dans une housse  noire. Cette image déchire les cœurs. Des pleurs électrisent la foule.
Le corps inerte est loin de rappeler l’évêque joyeux qu’on a connu. On observe que le prélat est sorti de l’évêché le soir de sa disparition (30 mai) habillé en civil : une chemise pagne et un pantalon noir. Il porte des babouches aux pieds. Il est acheminé à l’intérieur de la morgue où s’engouffrent toutes les personnalités religieuses et administratives.
Les évêques en sortent déboussolés. On reconnaît, nosseigneurs le nonce apostolique, Piero Pioppo Samuel Kléda, Jean Mbarga et les autres. Mgr Athanase Bala qui a précédé le défunt au diocèse de Bafia est aussi là. La triste nouvelle l’a visiblement secoué. Il est soutenu de deux côtés par des religieuses. Tout le monde semble esquiver les médias, même les évêques qui avancent en rang serré vers leurs voitures respectives. Seul le gouverneur, Nasiri Paul Bea consent à dire un mot à la presse.  Le reste du public est accroché au téléphone. Les sms pleuvent. Tout le monde semble perplexe.
L’équipe de médecins légistes est déjà là. Il est un peu plus de 14h. L’autopsie va commencer. Le travail est hautement confidentiel et les résultats seront transmis sous pli fermé à qui de droit. En attendant, la communauté catholique pleure son évêque. Les autres chrétiens regrettent cette fin tragique. Au sein du grand public, personne ne se montre indifférent même si la parodie et le grotesque s’invitent au deuil dans les réseaux sociaux. Dans l’avis de décès de l’Eglise, Nosseigneurs Samuel Kléda et Jean Mbarga invitent à intensifier les prières pour le repos de l’âme du défunt.
 

 

Réactions

 

 Naseri Paul Bea: « Notre travail s’arrête pour l’instant »

Gouverneur du Centre

« L’autopsie sera faite avant la remise du corps à l’église pour l’organisation des obsèques. Le corps a été retrouvé à environ une vingtaine de kilomètres du pont d’Ebebda, à Tsang dans la localité de Monatélé. Notre travail s’arrête pour l’instant, au moment où commence l’autopsie ».

 

 Mgr Jean Mbarga: « C’était un membre clé de la conférence épiscopale »

Archevêque métropolitain de Yaoundé

« C’était un membre clé de la conférence épiscopale, grâce à qui la gestion de l’institution a été solide et bien maintenue. Ses conseils étaient précieux et judicieux. On lui reconnaît le sens de la pondération et de la bonne mesure. Tant que l’administrateur, qu’il soit diocésain ou apostolique, n’a pas encore été élu, c’est le métropolitain qui est chargé d’accompagner le diocèse Bafia pendant la transition».

 

Maurice Tchoffo Sa'a: « Il y a eu une grande mobilisation »

Préfet du Mbam-et-Inoubou

« Après plusieurs jours de recherche, le corps de Mgr a finalement été retrouvé. C’est un événement malheureux mais je retiens ici qu’il y a eu une grande mobilisation de toutes les populations d’Ebebda et de ses environs, des membres du gouvernement, des autorités traditionnelles et religieuses. Mgr va beaucoup nous manquer. Que son âme repose en paix ». 

 

Ali Dienta Ahoundji: « J’ai retrouvé le corps à Tsang »

Pêcheur

8h, au  niveau du village Tsang, à environ 16 km d’Ebebda, j’ai rencontré le corps de l’évêque qui flottait sur l’eau. Je l’ai tout de suite reconnu. Car il était vêtu d’un boubou confectionné avec le tissu d’une congrégation de l’zglise catholique et un pantalon noir. Il avait encore tout sur lui, ses sandales et la montre. Il avait juste quelques égratignures sur le visage certainement causées par les herbes. Je l’ai alors attaché sur les herbes et je suis allé signaler auprès des responsables ».
 

 

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