Dialogue national en RDC: le fichier électoral en débat

Les avis sont partagés entre une refonte totale, une révision partielle dudit document et l’organisation des élections dans les délais constitutionnels. 

Officiellement lancé il y a une semaine, le dialogue national en République démocratique du Congo (RDC) a touché mardi dernier son point névralgique avec l’entrée en scène du président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). A l’occasion, Corneille Nangaa a proposé de procéder à une refonte complète du fichier électoral sur une période de 16 mois et un jour à partir de février dernier. Cette option permettrait au pays de disposer des listes électorales fiables. Car, le fichier actuel contient des doublons, des omissions, des groupements sans électeurs, un mauvais rattachement des électeurs dans le site de vote. De plus, le nouveau découpage territorial a doté le pays de 26 provinces et non plus de 11 comme en 2011. Pour She Okitundu, une refonte complète du fichier actuel qui date de 2011 va permettre d’enregistrer plusieurs millions de nouveaux électeurs. «Cela ne sert à rien de s’entêter à respecter le délai constitutionnel, si on veut ne pas exclure 17 millions de Congolais du droit de vote. Il faut nécessairement prendre en considération la proposition faite par la CENI», affirme le rapporteur de la majorité. Et si l’option de la CENI venait à être adoptée, la présidentielle ne pourrait donc se tenir qu’après juillet 2017. Un nouveau fichier électoral donc disponible entre la mi-juin et fin juillet 2017. 
La deuxième option, défendue par l’Organisation des Nations unies (ONU), envisage plutôt une révision partielle du fichier actuel. Pour Henry Agnero qui a exposé en tant qu’expert de l’ONU, dix mois et demi suffiraient pour enrôler le maximum d’électeurs à partir du 31 juillet 2016, date de lancement du processus de révision en cours. La troisième option préconise l’organisation des élections dans les délais constitutionnels avec le fichier électoral actuel qui date de 2011. 
Face à cet imbroglio, Vital Kamerhe, propose un compromis politique pour éviter à la RDC de basculer dans un climat de tension. «On ne peut trancher comme ça sans comprendre pourquoi il n’y a pas eu d’élections. Bien sûr nous allons situer les responsabilités, mais ce n’est pas l’heure du jugement. Nous ne voulons pas qu’il y ait des soulèvements populaires alors que nous pouvons trouver une solution pacifique», estime celui-là même qui est à la fois  président de l’Union pour la nation congolaise (UNC), co-modérateur et représentant de l’opposition à cette grande palabre. 
 

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