Cacao150 millions transformés en chocolat

Zoom sur un projet exemplaire initié grâce à un partenariat entre le Collège régional d’agriculture d’Ebolowa et le lycée Terre Atlantique de Nantes (France)

Du chocolat noir et du chocolat au lait. Voilà quelques friandises savourées mardi à Yaoundé. Une cérémonie de dégustation organisée au ministère de l’Agriculture et du développement rural (Minader) sous la présidence d’Henri Eyébé Ayissi. Du chocolat en plaquette made in Ebolowa, confectionné par des élèves du collège régional d’agriculture d’Ebolowa et du lycée Terre Atlantique de Nantes. C’est le résultat du fruit de la coopération entre le Cameroun et la France, présenté au MINADER. Encadrés par leurs directeurs respectifs pendant quelques semaines, les élèves de ces deux établissements ont réuni leur savoir-faire en matière de transformation de fèves de cacao en chocolat.
Henri Eyebé Ayissi a félicité les deux équipes tout en se réjouissant de ce que ce projet pédagogique soit devenu une réalité. « Il est maintenant question de tenir le cap de cette coopération et de démultiplier l’action afin que ce projet devienne un projet de développement économique», espère-t-il.
Pour sa part, Stephen Bonnessoeur, directeur du lycée Terre Atlantique de Nantes a indiqué que le cacao camerounais est compté parmi les meilleurs au monde. Il était donc de bon ton, selon lui, que son équipe et lui apportent leur soutien technique afin de valoriser le nouveau produit à partir de cet outil de transformation fait en un temps record. « C’est un pari qui doit être gagné par les producteurs locaux. Les phases de tests de l’outil étant achevées et les techniques ayant été appropriées par les élèves du Cra, d’autres recettes pourraient être développées avec des arachides, du gruyère et autres ingrédients par ces élèves sur place afin de développer cette plus-value », espère Stephen Bonnessoeur. On retient qu’en dehors du cacao, d’autres produits devraient être transformés et valorisés. Il sera aussi question de mettre en place un programme de formation en agroalimentaire. Grâce à cette initiative de transformation de fèves de cacao, un atelier a été conçu à Ebolowa avec des équipements fabriqués sur place. Depuis quelques mois ledit atelier est en phase de production avec une capacité de cinq tonnes de cacao par an.
 

 

Antoine Mbida: «L’atelier est en phase de production»

Directeur du collège régional d’agriculture d’Ebolowa

Qu’est-ce qui a motivé ce projet de transformation de cacao par les élèves des deux établissements?


Le projet a ses origines depuis les années 2010, mais c’est en 2013 que le collège régional d’agriculture d’Ebolowa (CRA) a été contacté, sous la houlette de la direction de l’enseignement agricole français, pour un projet de jumelage et de coopération avec le lycée  Terre atlantique de Nantes. Nous avons travaillé pendant trois ans pour mettre sur pied ce projet qui est en fait un support de la coopération entre les deux établissements. En 2015, le projet a été inauguré et à ce jour nous sommes pratiquement en pleine production.


Quels en sont concrètement les contours ?


C’est un projet pédagogique où les Français nous ont apporté leur expertise, leurs techniques, en plus des recettes pour la confection du chocolat. Depuis cette année, l’atelier est en phase de production, avec une capacité de cinq tonnes de cacao par an. En ce moment, nous sommes à la phase de lancement. Le  projet va se développer au fur et à mesure et on pourra produire  même un peu plus. Pour ce qui est des équipements, ils ont été fabriqués sur place à Ebolowa et conçus par nous. Parce que les machines de cette échelle, on n’en trouve plus. Soit vous trouvez des machines industrielles, soit ce sont des équipements un peu plus petits. Mais nous sommes parvenus à faire des machines d’une dimension raisonnable qui peuvent être reproductibles sur le territoire. Il faut aussi retenir que le processus est maitrisé, la fabrication du produit est connue.


Quelles sont les perspectives de ce projet ?


Nous sommes une école, donc c’est un projet pédagogique qui a vocation de développement économique. En ce moment sur le territoire c’est tout le monde qui est impliqué, la région du Sud et d’autres. En tant que structure de formation nous nous limitons à la formation  de nos apprenants et des producteurs de cacao se trouvant autour de l’atelier.


Quel a été le coût de l’investissement du projet?


Il se situe autour de 150 millions de F, si on intègre le bâtiment, l’achat des machines et puis l’intervention des  nos partenaires en termes de transport et autres. Il faut aussi ajouter le fait que le process a été conçu par nos partenaires et sur le terrain. Lorsque nous apprenions, nous développions ces acquis. Chaque fois que nos partenaires sont venus, ils ont trouvé que nous avions une longueur d’avance. Cela fait que quand ils viennent, ils nous montrent de nouvelles recettes et nous aussi nous inventons d’autres.

 

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