Cathérine Raphaelle Zoa Mbida:« La planification familiale a évolué au Cameroun »

Spécialiste en santé de reproduction à la Cameroon National Association Family Welfare (CAMNAFAW).

En quoi la planification familiale est-elle importante pour les couples ?
La planification familiale est l’ensemble des méthodes mises en œuvre pour que non seulement chaque couple ou du moins chaque femme puisse avoir un enfant désiré mais aussi pour améliorer la santé de la mère et de l’enfant en réduisant la mortalité maternelle et la morbité infantile.  C’est pourquoi, d’après les statistiques dont nous disposons, il ressort que de 1991 à 1998, la situation de la planification familiale a évolué au Cameroun. De 21%, nous sommes passés à 24 % de femmes sous planification familiale. L’utilisation des méthodes modernes est passée de 4% à 8%, tandis que l’utilisation de la planification familiale par l’homme en couple a évolué de 48% à 63%. Au regard de ces chiffres, nous pouvons dire qu’il y a une nette amélioration de l’adhésion des couples à cette méthode.
Comment sont vulgarisées ces méthodes ?
Nous œuvrons aux côtés du gouvernement camerounais pour améliorer l’offre. Nous avons mis plusieurs stratégies en œuvre à travers les causeries éducatives quotidiennes sur les différentes méthodes de la planification familiale, des descentes sont effectuées dans les quartiers et les périphéries pour sensibiliser les hommes et les femmes sur le bien-fondé de cette méthode d’espacement de naissances. La consultation offre plusieurs services à travers un counseling général, le choix éclairé sur la méthode à adopter et les moyens de protection.
Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face dans la mise en œuvre de la planification familiale ?
Il y a plusieurs contraintes. Il s’agit de la difficulté à communiquer sur la vie sexuelle en famille même au sein du couple, la résistance culturelle à la contraception moderne. Les contraintes religieuses, le manque de sensibilisation et l’éducation de la population surtout celle en milieu rural où vit 60 à 70% de la population, la faible adhésion des familles, la psychologie de la femme qui dépend entièrement du mari. Elle doit toujours se référer à lui, ce qui fait qu’il devient difficile de la convaincre sans l’aval du conjoint.

 

 

Reactions

Comments

    List is empty.

Lead a Comment

Same category