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« Le Gouvernement réaffirme son total soutien à nos Forces de défense et de sécurité »

24 heures
ISSA TCHIROMA BAKARY | 24-07-2017 10:39

L’intégralité du propos liminaire du ministre de la Communication lors de son point de presse de vendredi dernier.

 

« Mesdames, Messieurs les Journalistes,

L’organisation non gouvernementale Amnesty International a, comme vous le savez, rendu public il y a vingt-quatre heures, très exactement en date du 20 juillet 2017, un rapport outrageusement accusatoire sur le respect des droits humains dans la lutte que notre pays mène contre l’organisation terroriste Boko Haram.

Ce rapport, vous le savez aussi, intervient après le précédent du même genre commis en juillet 2016.

Pour son édition de 2017, Amnesty International a choisi de franchir le cap de la dénonciation pour rentrer dans celui de l’accusation et de la qualification du juridique, voire judiciaire de ce qu’elle pense avoir constaté dans la lutte que nos Forces de Défense et de Sécurité mènent contre les criminels obscurantistes de Boko Haram.

Pour ceux qui pouvaient encore en douter, la fixation faite sur le Cameroun et ses Forces de Défense et de Sécurité, l’accumulation de constats tous aussi faux que grossiers par Amnesty International prouvent bien que nous sommes en face d’une véritable campagne de déstabilisation dont les objectifs ont au moins le mérite d’être clairs. Il s’agit ni plus ni moins pour Amnesty International, désormais muée en une véritable officine de défense des intérêts terroristes :

-           de refroidir le moral et l’efficacité des Forces de Défense et de Sécurité camerounaises ;

-           d’anéantir sur le plan opérationnel les initiatives offensives qui font le plus grand mal aux forces ennemies ;

-           de ternir l’image des Forces de Défense et de Sécurité aux yeux des partenaires internationaux, et de les désolidariser de la riposte globale appelée de tous les vœux par le chef de l’État, chef des Armées, en sachant que le Cameroun constitue un maillon essentiel dans cette dynamique aux plans régional et sous-régional en particulier.

En effet, sous le titre évocateur de, je cite : « Chambres de torture secrètes au Cameroun : violations des droits humains et crimes de guerre dans la lutte contre Boko Haram », fin de citation, Amnesty International désigne comme bourreau et agresseur, un État légitime et souverain, une armée régulière et patriotique face à une organisation pourtant criminelle et sans foi ni loi, dont l’objectif est l’occupation et l’amputation d’une partie de notre territoire pour constituer leur califat. Une telle organisation mue par une aspiration aussi abjecte, serait au contraire aux yeux d’Amnesty International une âme pieuse, une créature angélique et naïve.

C’est ainsi que l’action de notre Armée et de nos Forces de Défense et de Sécurité est qualifiée, et je cite, « de recours impitoyable et généralisée à la torture contre des Camerounais ordinaires souvent arrêtés sans preuve et qui se voient infliger des souffrances inimaginables », fin de citation.

Et de renchérir, je cite à nouveau « Ces terribles violations s’apparentent à des crimes de guerre. (…) L’immense majorité des victimes ont été torturées sur deux sites de détention non officiels : le siège du Bataillon du BIR à Salak près de la ville de Maroua, dans l’Extrême-nord et un centre situé à Yaoundé, la capitale, près du Parlement et géré par la Direction Générale de la Recherche Extérieure (DGRE) – le service du renseignement », fin de citation.

Poursuivant dans sa logique protectrice des intérêts terroristes, Amnesty International entreprend de fustiger pour la décourager, la coopération que des armées de pays amis apportent à notre pays.

Les militaires américains et français sont ainsi épinglés et traités à peine à mots voilés, de complices de crimes de guerre que l’Armée et les services de renseignements camerounais seraient, aux dires d’Amnesty International, en train de perpétrer contre des victimes innocentes inféodées à Boko Haram.

De ce point de vue, il y a lieu de relever qu’Amnesty International adosse ses accusations sur des présupposées exactions de l’Armée camerounaise contre des citoyens ordinaires, partant de témoignages fictifs ou instrumentalisés, tout en essayant d’étayer les allégations par des preuves inconsistantes qui ne résistent pas à la réalité.

En voici quelques illustrations :

  • Qui, si ce n’est une personne mal intentionnée, peut véritablement croire qu’un pays qui soumet à la justice des sanguinaires de Boko Haram, y compris lorsqu’ils sont interpellés les armes à la main, se rabaisseraient à perpétrer des atrocités contre sa propre population ? Si notre Armée procédait à des exécutions sommaires comme le prétend Amnesty International, y aurait-il dans nos prisons plus d’un millier de prisonniers Boko Haram traités avec humanité comme c’est le cas aujourd’hui, en dépit des pires atrocités par Boko Haram notamment contre les populations civiles, tout combattant de cette organisation terroriste interpellé sur le territoire national fait l’objet d’une enquête et d’un jugement devant les tribunaux compétents conformément aux règles de droit. D’importants moyens financiers sont débloqués pour assurer leur prise en charge, de même que pour l’aménagement et la réhabilitation de leurs lieux de détention.
  • Dans son entreprise de diabolisation, Amnesty International cible de façon très particulière le BIR, une unité d’élite de notre Armée, tentant ainsi de lézarder le socle de béton que constitue le corps de nos Forces de Défense et de Sécurité. Mais Amnesty International ignore sans doute que le BIR, pour autant qu’il constitue une unité d’élite, est avant tout une composante de notre Armée, et que c’est au chef de l’Etat en sa qualité de chef des Armées, qu’il revient à titre exclusif de répartir les rôles des différentes composantes sur les terrains où se manifestent des hostilités.
  • Amnesty International met en cause le fait que le Gouvernement ait à un certain moment délocalisé les écoles, qui auraient été ensuite transformées en centres de détention et de torture. Mais de quoi s’agit-il en réalité ? Pour raviver la mémoire d’Amnesty International, les écoles font partie des cibles préférentielles de la propagande obscurantiste de Boko Haram et l’une des principales conséquences de la guerre a été la fermeture de celles-ci avec le risque d’années blanches successivement encourues sur les trois années de guerre. Courageusement, l’État du Cameroun a, dans un premier temps, délocalisé les écoles grâce à la solidarité des populations qui ont accueilli les élèves au moment le plus critique de la guerre. La situation se stabilisant de plus en plus, les écoles rouvrent progressivement avec l’impérieux devoir pour les Forces de Défense et de Sécurité d’assurer la protection des élèves. Si cette présence est assimilée à une violation des engagements internationaux, le choix est vite fait pour le Cameroun. Cet exemple parmi tant d’autres démontre la mauvaise foi manifeste d’Amnesty International et ses procédés de maquillage et d’instrumentalisation de la vérité.
  • Je voudrais qu’il soit clair, à l’intention d’Amnesty International, mais aussi pour tout autre interlocuteur au sein de l’opinion publique nationale et internationale, qu’aucune exaction, de quelque nature que ce soit, n’est tolérée au sein de nos propres Forces de Défense et de Sécurité, dans les différentes actions qu’elles mènent au plan opérationnel. Le principe est donc celui du strict respect du droit international humanitaire et des droits humains, auxquels notre Armée et nos Forces de Défense et de Sécurité sont du reste formées, avec rigueur et intransigeance. À cet effet, un centre d’aguerrissement a été créé à Mindif dans la Région de l’Extrême-nord, où des modules de droit humanitaire sont dispensés. Le chef de l’État, chef des Armées ne manque aucune occasion, lors de ses adresses publiques, pour réitérer sa Très Haute appréciation en faveur d’une Armée disciplinée, professionnelle et respectueuse des valeurs éthiques. Et lorsque malgré tout, des écarts en viennent à être observés, ils sont punis avec objectivité et sans complaisance aucune, dès lors qu’ils sont avérés. Le respect des droits humains et des principes édictés par les différentes organisations internationales à ce sujet, constitue une contrainte incontournable de la légitimité des actions que le Cameroun mène contre le fléau du terrorisme. C’est dans cette optique que le haut commandement a eu la main particulièrement lourde pour sanctionner contre des écarts de comportement avérés de soldats, n’hésitant pas à révoquer des militaires convaincus d’avoir commis des exactions envers des civils. Des cas d’exactions peuvent être isolés, mais dès lors qu’ils sont connus, leurs auteurs ne bénéficient d’aucune complaisance. Par ailleurs, il est affecté auprès de chaque formation au combat, un détachement de gendarmes qui assurent la police aux armées. Ce détachement d’officiers de police judiciaire recherche des infractions, en rassemble des preuves et défère les mis en cause devant le tribunal militaire. Au-delà du champ purement disciplinaire, les auteurs d’éventuelles exactions sont mis à la disposition de la justice conformément au Code de Procédure Pénale.
  • La parfaite observance de ces principes par notre pays a d’ailleurs été relevée et ceci de façon formelle, par le Conseil des Droits de l’Homme de l’Onu réuni en sa session du 1er avril 2015 à Genève.
  • Au cours de ces assises en effet, le Conseil des Droits de l’Homme a réaffirmé au Cameroun l’appréciation du Système des Nations unies pour les actions menées par notre pays à cet égard.
  • Appelant à une plus grande solidarité internationale, le Conseil des Droits de l’Homme a en définitive adressé ses vives félicitations au Cameroun pour les efforts menés, en même temps que tous les autres pays affectés par les exactions de Boko Haram, pour une éradication définitive de ce fléau.

    C’est le lieu de saluer ici les synergies d’action entre le Cameroun et la communauté internationale dans ce combat que le Cameroun partage avec les autres États de la ligne de front, que ce soit dans le cadre de la Force Multinationale Mixte ou de la coopération bilatérale avec les armées voisines et particulièrement avec celle du Nigéria.

    Le Gouvernement remercie tous les pays amis venus apporter au peuple camerounais leur soutien dans la lutte qu’il a engagée contre le péril terroriste.

    Au total, c’est une guerre légitime, propre et régulière que les Forces de Défense et de Sécurité camerounaises mènent contre une horde de terroristes dont la seule idéologie est celle du crime. Pour ce faire, les Forces de Défense et de Sécurité camerounaises s’appuient sur les populations qui leur donnent des renseignements fiables. La qualité des relations Armée-Nation est excellente, l’image de l’armée étant améliorée par les actions civilo-militaires menées en faveur de ces populations qui lui consacrent un modèle de « soldat de la paix ».

    Cette perception est visible lorsque les Forces de Défense et de Sécurité sillonnent les villages dans la zone d’action où ils reçoivent moult encouragements à chacun de leurs passages. Les voyages de presse avec des journalistes internationaux crédibles qui ont eu accès aux populations en toute liberté peuvent étayer l’état des relations entre l’armée et ces populations, d’ailleurs, le concept de Défense au Cameroun est basé sur la Défense populaire qui a pour constance, le lien granitique entre l’Armée et la Nation.

    En tout état de cause, le regard qu’Amnesty International jette sur l’action militaire du Cameroun contre Boko Haram ne saurait, sans courir le risque de se discréditer, être diamétralement opposé aux rapports d’autres organisations internationales crédibles, à l’instar de la Commission des Nations-Unies pour les réfugiés. Il est par conséquent à se poser des questions sur ces allégations qui sont en dissonance avec un pays qui abrite des centaines de milliers de réfugiés qui se sentent bien au Cameroun au point de ne plus vouloir rentrer chez eux.

    Ce qui frappe dans l’hostilité permanente qu’affiche Amnesty International face au Cameroun et en particulier dans la lutte que notre Nation tout entière mène contre l’ennemi terroriste, c’est la parfaite ignorance du lourd tribut que notre pays paie du fait d’une telle agression qui lui est imposée, au nom de l’obscurantisme et de la barbarie des autres. 

    Je voudrais à ce sujet résumer à votre intention, un bilan que j’avais déjà communiqué au mois de janvier 2016, sur les dommages causés par Boko Haram contre notre pays et au détriment de nos populations. Et ces dommages, qu’il s’agisse de tueries massives, d’attentats terroristes, d’attaques de nos positions militaires, de pillages, de viols ou d’enlèvements, se chiffrent aujourd’hui en plusieurs milliers.

    Quant à l’incidence économique, elle est tout simplement désastreuse tant sur nos finances publiques qui supportent l’effort de guerre au détriment d’autres priorités de développement, que sur les activités commerciales et touristiques ou le développement des infrastructures.

     Tout ceci n’a jamais été suffisant pour émouvoir Amnesty International qui, au contraire, a poursuivi en l’accentuant, son acharnement contre les Forces de Défense et de Sécurité camerounaises.

    Sans doute que Amnesty International aurait préféré que le Cameroun demeurât inerte face à une telle agression et impassible face aux affres subies par nos populations et notre Armée. Sans doute aurions-nous alors mérité le salut et le satisfecit de cette organisation, pourtant parée d’une vocation à défendre les droits humains.

    Pour Amnesty International, le seul et unique crime commis par le Gouvernement camerounais aura donc été de défendre l’intégrité de son territoire et de protéger les biens et les personnes vivant sur son sol.

    Malheureusement pour Amnesty International, ni le peuple camerounais, ni la communauté internationale ne la suivront dans un tel dessein.

    Mais ce que Amnesty International et ses commanditaires doivent savoir par ailleurs, c’est qu’en dévoilant de manière aussi ostentatoire la localisation des infrastructures stratégiques camerounaises et par là même, en les désignant comme des cibles prioritaires de Boko Haram et de l’État Islamique auquel il est affilié, ils, je veux bien sûr parler d’Amnesty International et de ses commanditaires, franchissent un cap intolérable dans leur cabale contre le Cameroun. La divulgation d’informations aussi sensibles qui plus est, dans un pays en guerre, ne saurait être tolérée. Il s’agit là d’atteintes inacceptables contre la sécurité nationale dont Amnesty International portera la responsabilité. Les services compétents sont en train de passer en revue le rapport d’Amnesty International et toutes les conséquences de droit en seront tirées. Cette organisation doit désormais être considérée comme hostile à notre Armée et à notre Patrie.

    Pour sa part, le président de la République, Son Excellence Paul BIYA, chef de l’État et chef des Armées, a engagé notre nation dans une riposte multiforme, pour apporter une réponse appropriée à l’agression dont le Cameroun faisait l’objet.

    La communauté internationale a rejoint le Cameroun dans ce combat par des interventions variées, tantôt militaires, tantôt logistiques, tantôt stratégiques.

    À ce jour et quoiqu’ayant conservé une capacité de nuisance certaine, Boko Haram est désormais poussé dans ses derniers retranchements et vit à coup sûr les derniers instants de son existence morbide.

    Manifestement, cet épilogue ne semble pas être du goût d’Amnesty International. Nous sommes donc fondés à nous interroger sur ses motivations réelles et son agenda occulte.

    Mais nous savons aussi que dans le concert des nations, le Cameroun ne compte pas que des amis et que certains parmi ses pourfendeurs, préfèreraient plutôt le voir en situation d’inconfort. Las d’attendre une telle échéance, qui à leurs yeux tarderait à venir, ceux-là verraient peut-être au péril terroriste, un moyen commode de voir leur vœu exaucé.

    Par-dessus tout, le Gouvernement réaffirme son total soutien à nos Forces de Défense et de Sécurité dont la bravoure aura permis jusqu’au sacrifice suprême de préserver l’intégrité territoriale du pays.

    Le Gouvernement se félicite particulièrement de la solidarité agissante du peuple camerounais et de sa mobilisation tous azimuts derrière nos Forces de Défense et de Sécurité et les populations de la Région de l’Extrême-nord, victimes des exactions de Boko Haram.

    Le Cameroun est et demeurera debout, uni derrière son chef, le président de la République, Son Excellence Paul BIYA, chef de l’État, chef des Armées.

    Jamais l’engagement du peuple camerounais pour ses valeurs de paix, d’unité et de solidarité nationales ne pliera sous le poids des sirènes de la déstabilisation et de la démobilisation.

    Le peuple camerounais continuera, mieux que par le passé, à avancer dignement et opiniâtrement dans la voie tracée par le chef de l’État, vers son objectif d’émergence.

    Je vous remercie de votre aimable attention. »

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