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Agriculture: 56 milliards investis dans la formation

Economie
Josy MAUGER | 02-08-2017 11:32

Les deux premières phases du programme AFOP ont été concluantes, la troisième permettra la consolidation des acquis avec un nouveau financement de l’AFD.

Le programme d’appui à la formation professionnelle agropastorale (Afop) mis en place depuis 2008 avait pour principal objectif de valoriser les métiers agropastoraux et halieutiques : exploitant agricole, maître-pêcheur, moniteur de centre de formation, entrepreneur agropastoral, conseiller agropastoral, technicien supérieur en gestion d’entreprises coopératives, techniciens supérieur en gestion de l’eau, technicien supérieur en infrastructures, en équipements ruraux et gestion de l’eau, technicien d’agriculture et technicien d’élevage.

 Les travaux de la 14e session de ce comité de pilotage du programme en abrégé C2D-Afop tenus récemment à Yaoundé démontrent que les activités des deux premières phases ont été un succès. Ce qui a permis le financement de la troisième phase à hauteur de 26 milliards de F par l’Agence française de Développement. A ce jour, 75 centres de formation et 26 écoles sont opérationnels et 4850 jeunes ont été formés et installés à leur compte. D’après, le coordonateur, Pierre Blaise Ango, la troisième phase permettra de consolider et de pérenniser les acquis des deux premières étapes avec ce nouveau financement du contrat d’affectation dans le cadre du troisième C2D signé entre l’Agence française de développement et le gouvernement.

Malgré la bonne marche du programme, certaines difficultés subsistent. Selon le coordonnateur, la première est interne au fonctionnement des administrations en termes de management des ressources. « Certains cadres ayant bénéficié de la formation pour l’animation du dispositif sont parfois affectés à d’autres services. », regrette-t-il. Au niveau de l’installation des jeunes, il existe un sérieux problème avec le foncier et ceci est plus grave pour les jeunes filles. « Au point où à la troisième phase, c’est tout un axe de travail où nous voudrions impliquer les chefs traditionnels, les maires pour pouvoir sécuriser la jeune fille dans ce domaine », explique le coordonateur.

 

 

Blaise Pierre Ango: « 2200 jeunes ont pu s’installer

Coordonateur national du Programme d’appui à la formation professionnelle agropastorale (Afop).

 

Quel est le montant global du financement du programme Afop?

Dans la première phase, à travers le contrat de désendettement et de développement (C2D), le programme Afop a bénéficié en 2008 d’une convention d’affection de 7,8 milliards de F. Dans sa deuxième phase, le C2D a été multiplié par trois. Nous avons bénéficié à ce moment d’un financement de 22 milliards de F. A la phase actuelle, les fonds injectés seront de l’ordre de 26 milliards de F. Cette montée en échelle s’explique par le fait que les centres de formation et les écoles augmentent. Nous avons démarré à la première phase avec 26 centres de formations et 11 écoles. Nous sommes montés à la phase II avec 75 centres et 26 écoles et à la phase III, nous aurons 15 centres de formation de plus.

Quelles sont les retombées concrètes du programme Afop depuis sa mise en place ?

On a rénové le dispositif de formation au niveau des administrations. Les cadres chargés du pilotage de l’animation au niveau du programme ont été entièrement formés et donc recyclés avec l’acquisition d’un ensemble de compétences qui leur permet maintenant de mieux faire leur travail. Les centres de formation et les écoles ainsi que les formations en elles-mêmes ont été rénovés. Cette rénovation a permis d’avoir des salles de classe et dortoirs, ainsi qu’un point d’animation qui devient le centre mais surtout de créer de la richesse dans les régions bénéficiaires. Aujourd’hui, dans certaines régions, notamment Centre, Sud et Est, plus de 750 hectares de cacao ont été plantés par les jeunes formés. Il en est de même de l’élevage du poulet avec près de 350 000 sujets produits ainsi qu’une grande quantité de porcs. Ce sont-là, quelques illustrations de la richesse  et d’emplois. A ce sujet, 2200 jeunes ont pu s’installer et chacun a recruté quatre ouvriers.

Lorsque nous évaluons le revenu de ces jeunes, on constate qu’en 2015 nous n’avions que 71 jeunes sur 1200 installés ayant un revenu supérieur à 785 000 F. En une année, 374 sont déjà dans cette catégorie. Ceux qui ont un revenu supérieur à 600 000 F n’étaient que 136 en 2015, ils sont 523 en 2016.  

Quel est le contenu enseigné aux jeunes dans ces centres et écoles de formation?

Il a fallu qu’on écrive le référentiel d’un métier appelé exploitant agricole. Ce métier a été construit autour de cinq champs de compétences. Dans les deux premiers champs, on a la conduite des productions végétales et animales. En troisième, c’est la gestion de l’exploitation. En quatrième, on a la transformation et en dernier, le socioculturel et la citoyenneté. Ce dernier champ de compétence n’est pas sorti de l’analyse du travail et des emplois mais on l’a introduit parce qu’on se rend compte que si un jeune veut s’installer en milieu rural, il  doit connaître la culture du lieu où il s’implante.        

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