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Faut-il supprimer l’oral dans les concours ?

24 heures
Grégoire DJARMAILA | 19-09-2016 09:32

Depuis l’indépendance, la sélection par concours est l’un des traits saillants du recrutement des élites au Cameroun. Le concours constitue, en effet, la voie d’accès quasi exclusive aux « grandes écoles », où est formée jusqu’aujourd’hui la majorité des cadres de la Fonction publique et des grandes entreprises privées, surtout au niveau le plus élevé.   L’oral constitue une vieille tradition au Cameroun instituée dans la plupart des concours. Une épreuve redoutée et redoutable qui intervient généralement après les épreuves d’admissibilité. Tracts, peurs, paniques, stress s’emparent du candidat qui doit affronter un jury soucieux d’éprouver sa capacité à mener une discussion structurée et surtout son expression orale. Instituée jadis au baccalauréat de l’enseignement général, cette épreuve a été supprimée il ya quelques années pour diverses raisons. Certaines procédures de sélection comme à l’ENAM comportent même un grand jury d’oral dont la note a une forte valeur de péréquation. A  l’IRIC et l’ESSTIC, l’entretien avec le jury précède immédiatement les épreuves d’admissibilité. Mais aujourd’hui avec l’amplification de certaines pratiques déviantes qui jettent un discrédit sur les résultats des concours, la question du maintien de cette épreuve, du moins à tous les concours, divise l’opinion.
Pour les défenseurs de cette épreuve, l’oral permet de maintenir l’objectivité et de tester la capacité d’expression orale du candidat. Pour eux, certaines professions, telles que l’enseignement, le journalisme, la diplomatie, la magistrature, l’avocature… ne sauraient être investies par des personnes ne pouvant pas faire preuve de bonne maîtrise de l’art oratoire. L’épreuve orale constitue ainsi un tamis pour détecter ceux qui ont vocation à exercer véritablement ces métiers si particuliers. Pour les tenants de cette thèse, seul un face-à-face permet de juger des capacités intellectuelles. Un interrogatoire habilement mené ne trompe pas : il repère les lacunes et déjoue les tromperies, met en évidence l’intelligence et l’à-propos, révèle la personnalité même du candidat. L’autre argument qui milite en faveur du maintien de cette épreuve tient à l’identification véritable du candidat qui se cache derrière l’épreuve écrite. Il arrive souvent que certains candidats se font remplacer à l’étape de l’écrit par des  « mercenaires ». L’oral permet de séparer ainsi le bon grain de l’ivraie. 
Pour les pourfendeurs de cette procédure, le maintien de cette épreuve ne se justifie plus aujourd’hui. Pour ce courant, il faut tenir compte exclusivement du seul mérite intellectuel ou des performances intellectuelles du candidat à l’écrit. Un travail écrit, préparé en temps limité et corrigé anonymement, permet de juger avec plus d’exactitude et d’objectivité les qualités de réflexion et d’analyse d’un candidat. Pour eux, par exemple, l’écrit trompe moins que l’oral. Ils vont un peu plus loin en soulignant qu’à l’examen oral, un candidat peut donner à l’examinateur fatigué l’illusion d’un savoir qu’il n’en possède réellement pas  alors qu’à l’écrit, il lui faut faire preuve d’intelligence et de personnalité.  
Faut-il donc supprimer l’oral dans les concours ? CT met la balle au centre entre les défenseurs et les pourfendeurs de cette vieille tradition dans le processus de sélection dans l’administration publique et dans les grandes écoles.
 

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